Un week-end à Bordeaux : le MADD en pleine lumière
Il suffit désormais de quelques pas pour passer d'une demeure aristocratique du XVIIIᵉ siècle à un établissement carcéral du XIXᵉ.
Longtemps séparés, les deux bâtiments du Musée des arts décoratifs et du design (MAAD) de Bordeaux, classés au titre des monuments historiques, sont aujourd'hui réunis par un pavillon de verre et d'acier.
Ce trait d'union est la signature de la vaste transformation du MAAD, qui rouvre progressivement ses portes après trois années de travaux menés par Antoine Dufour Architectes, pour donner enfin toute sa lisibilité à un site exceptionnel.
D'un côté, l'hôtel particulier, dessiné à la fin des années 1870 par Etienne Laclotte pour le parlementaire Pierre de Lalande, demeure l'un des plus beaux témoignages de l'architecture civile bordelaise de l'Ancien Régime.
De l'autre, la prison municipale élevée en 1885 conserve ses cours, ses couloirs et ses cellules, mémoire d'une tout autre histoire urbaine.
L'intervention, volontairement sobre, révèle les qualités de chacun des édifices sans chercher à les uniformiser.
Les percées visuelles, la transparence du nouveau pavillon et la réorganisation du parcours laissent désormais entrer généreusement la lumière naturelle, tandis que les murs de pierre retrouvent leur beauté nue.
Mais le projet ne s'est pas limité à relier les deux ensembles : "Les équipements ont été modernisés, les performances énergétiques sensiblement améliorées, afin de répondre aux exigences d'un musée du XXIᵉ siècle tout en offrant de meilleures conditions de conservation des œuvres", souligne Etienne Tornier, le directeur par interim du MADD.
Vue de la salle d'exposition et de conférences René Buthaud.
Le meilleur moyen de découvrir une partie des 3000 mètres carrés d’intérieurs rénovés reste encore de parcourir les nouveaux espaces accessibles au public depuis ce printemps qui accueillent trois expositions inaugurales.
Au cœur de l’ancien "dépôt de sureté", Pauline Deltour, une apparente simplicité révèle ainsi le prolifique corpus de la designer française, disparue prématurément en 2021, dans un dialogue subtil avec la minéralité des lieux.
La Galerie des savoir-faire, quant à elle, reçoit Céramiques, corps sensibles , qui interroge les arts de la terre en mettant en regard geste ancestral et création contemporaine, tandis que le cabinet des arts graphiques voit l’accrochage de dessins en lien avec l’architecture et le décor, issus de la collection Jacques Sargos.
L'hôtel de Lalande, dont la restauration se poursuit, reste pour l'heure fermé : sa réouverture, prévue en 2027, marquera l'achèvement de cette métamorphose muséale qui ouvre un nouveau chapitre du patrimoine bordelais.
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