Appels au boycott, défections d'artistes... Ed Sheeran, superstar de la pop percutée par l'onde de choc de Gaza
Les déboires d'Ed Sheeran après l'éviction de sa tournée américaine de Macklemore, rappeur propalestinien montrent que les stars mondiales peuvent elles aussi être percutées par l'onde de choc de la guerre à Gaza.
En amont de son concert samedi 19 septembre à Philadelphie (est), l'auteur du tube planétaire Shape of You a tenté d'éteindre l'incendie déclenché par la mise à l'écart du rappeur Macklemore, qui assurait ses premières parties, pour avoir appelé à "libérer la Palestine" lors de deux dates début septembre.
Cette éviction, décidée sous la pression de propriétaires de stades américains dont le milliardaire Robert Kraft, a valu à Ed Sheeran un déluge de critiques sans précédent pour un artiste jusque-là très consensuel.
Accusé de ne pas avoir défendu son ami Macklemore et surtout d'avoir manqué de courage pour dénoncer le sort des Palestiniens, Ed Sheeran est confronté, à 35 ans, au plus grand défi de sa carrière même si, pour l'heure, aucune date de sa tournée américaine n'a été remise en cause.
"Les artistes ne doivent pas être réduits au silence quand ils prennent la parole en faveur des opprimés", a accusé sur les réseaux sociaux le chanteur Finneas , le frère de Billie Eilish, après avoir décidé de quitter avec d'autres la tournée d'Ed Sheeran.
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Les militants du Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI) appellent, eux, à boycotter la tournée qu'ils qualifient de "complice" d'Ed Sheeran jusqu'à ce que Macklemore y soit réintégré, illustrant l'abrasivité de la guerre à Gaza pour les artistes.
Des Oscars aux Emmys en passant par les festivals de Cannes ou de Berlin, ce conflit et son lourd bilan humain côté palestinien (plus de 73.000 morts) se sont imposés dans les discussions, poussant un nombre croissant d'artistes à prendre la parole.
"La Palestine n'a jamais été autant au premier plan", explique à l'AFP Julie Norman, professeure et experte du conflit israélo-palestinien à l'University College London (UCL). "Je pense que la manière dont le monde a été témoin de la guerre, ce que beaucoup ont perçu comme un génocide en cours à Gaza sur les réseaux sociaux, a mobilisé une nouvelle génération".
Pris dans la tourmente, Ed Sheeran, ancien guitariste de rue devenu l'un des chanteurs les plus streamés de sa génération , a tenté de se défendre cette semaine en assurant "ne pas faire de son métier une plateforme politique".
"Je ne suis pas complice. J'ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur.
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