Il veut introduire une dose de capitalisation dans les retraites, moins taxer le travail ou encore restaurer le monopole d'EDF: le candidat PS Philippe Brun dévoile son programme pour la présidentielle
Candidat à la primaire du parti socialiste en vue de l'élection présidentielle, le député de l'Eure Philippe Brun a développé son programme économique sur le plateau de Good Morning Business. Philippe Brun s'est lancé la semaine dernière dans la bataille vers l'élection présidentielle. Le candidat à la primaire PS, et député de l'Eure , formule plusieurs propositions dans le débat économique qui va animer la gauche.
En réponse aux propositions du gouvernement de désindexer une partie des pensions de retraites, il exprime notamment son rejet d'un seuil à 2.000 : "trop bas", précise-t-il ce matin sur BFM Business - sans rejeter une désindexation partielle ou sur un seuil plus haut, afin de ne toucher que les retraités aisés.
Surtout, il estime nécessaire d'équilibrer le régime des retraites en ajoutant une part de capitalisation, au système actuel par répartition. "La capitalisation, c’est le retour à Lionel Jospin", explique Philippe Brun, citant les mesures prises par le Premier ministre PS (1997-2002).
"Sans cela, on aura le système Lisnard-Le Pen-Philippe : le minimum retraite et à côté aller prendre un contrat chez Axa pour avoir une vraie retraite par capitalisation", poursuit le candidat socialiste. Qui prévient donc que la gestion du fonds, placé sur les marchés financiers, ne serait pas pour autant laissée au secteur privé, mais réservée aux partenaires sociaux.
Pour rappel, les dernières prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR) prévoient un déficit de 0,2 points de PIB en 2030 (6,8 milliards d'euros), soit autant qu'aujourd'hui, puis une dégradation en 2045 (0,8 point en 2045, 2,4 points en 2070). Les dépenses resteraient stables, mais les recettes baisseraient sous l'effet d'un nombre d'actifs moins élevé.
Il a aussi rappelé que le Parti Socialiste proposerait une version de son budget 2027 à Blois, lors de ses universités d'été (le 27-29 août). Et prépare les tractations à venir avec le gouvernement.
Autre sujet brûlant, l'annulation de la dette française, proposée par Jean-Luc Mélenchon - qui propose d'annuler la part de la dette détenue par la Banque de France notamment.
Le député socialiste s'y oppose, sans rejeter pleinement l'idée : "On ne peut pas, en l'état, annuler la dette car la BCE et tous les autres pays européens devraient l'accepter. Mais on peut imaginer que l'on annule une partie de la dette dédiée au Covid-19, partout en Europe."
Son argument: cette dette est dans les mains de la BCE, et peut être effacée sans conséquences sur l'économie - puisqu'une banque centrale n'a pas à équilibrer son bilan.
Parmi les autres idées évoquées par le candidat à la primaire, un "salaire Brun", qui rapprocherait le salaire brut du net en détaxant en partie le travail. Le député revendique de vouloir taxer le capital, à la place. "Le travail est beaucoup plus taxé que le capital, il n’y a pas de raison, les gens doivent pouvoir travailler et vivre de leur travail. Je préfère qu’on taxe la rente et pas le travail", explique-t-il.
Il se montre aussi favorable à un retour à un monopole pour EDF - dont l'État a déjà repris 100% des parts en 2023 - afin de "garantir les prix les plus bas d'Europe".
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