Après la France, la Grande-Bretagne va livrer à l'Ukraine des informations pour lui permettre de fabriquer sur son sol des missiles de croisière
Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, se rend en Ukraine ce lundi pour son premier voyage à l'étranger depuis son arrivée à la tête du gouvernement. Pour son premier voyage à l'étranger, Andy Burnham a choisi Kiev. Le nouveau Premier ministre britannique est en Ukraine ce lundi 24 août où il doit notamment rencontrer Volodymyr Zelensky , en ce jour du 35e anniversaire de l'indépendance du pays. Les deux dirigeants prendront part à une réunion de la coalition des volontaires, qui réunit les pays prêts à déployer des forces de maintien de la paix en Ukraine en cas de cessez-le-feu.
Au cours de cette visite, Andy Burnham doit annoncer un accord pour que l'entreprise de défense MBDA puisse divulguer des informations classifiées nécessaires pour aider l'Ukraine et la France à mettre en place une production locale du missile franco-britannique de croisière de longue portée Scalp/Storm Shadow.
Celui-ci, tiré depuis un avion de chasse et d'une portée de plus de 250 kilomètres est réputé pour sa précision grâce à des systèmes de navigation avancés. Il pèse jusqu'à 1.300 kilogrammes pour plus de cinq mètres de long.
Ce missile a été développé dans les années 1990 par Matra et British Aerospace puis fabriqué par MBDA: une version dénommée Scalp pour la France et une version Strom Shadow pour les Britanniques. Depuis mi-2023, la Grande-Bretagne et la France livrent à Kiev ces missiles de croisière en petite quantité, notamment en raison de leurs faibles stocks. En juillet 2023, il était estimé que les stocks français étaient d'environ 400 unités.
La visite d'Andy Burnham intervient aussi alors que la rhétorique russe contre la Grande-Bretagne s'est encore davantage durcie ces derniers jours. Moscou a accusé Londres de choisir "le chemin de la confrontation" après des rapports faisant état de l'utilisation de drones britanniques par les forces ukrainiennes pour frapper en profondeur dans le territoire russe.
Depuis quelques semaines, l'idée d'une production dans des usines ukrainiennes d'armes livrées par les alliés de l'Ukraine est évoquée. En juin, Kiev parlait d'"échanges très constructifs avec Emmanuel Macron" pour accorder une production "sous licence pour les missiles SCALP".
Quelques jours plus tard, un accord semble avoir été trouvé. Dans un communiqué du 14 juillet dernier, l'Élysée annonçait que "la France autoriserait la production sous licene de missiles Scalp en Ukraine, dès que possible et avant la fin de l'année 2026". Malgré les annonces de la France et de la Grande-Bretagne, rien ne dit que l'Ukraine pourra produire immédiatement ce missile à longue portée.
Kiev cherche à obtenir un accord similaire pour des missiles intercepteurs, dont ses stocks sont réduits à néant. Début juillet, lors du sommet de l'Otan à Ankara , Donald Trump annonçait l'octroi à l'Ukraine d'"une licence pour fabriquer des Patriot", le système américain de défense aérienne. Mais quelques jours plus tard, le président américain revenait sur cette annonce, dans un nouveau rétropédalage.
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