Biodiversité. « C'est catastrophique » : dans les rivières françaises à sec, une hécatombe de poissons
Au 1 er août, 1 373 cours d’eau de l’Hexagone étaient touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs, selon les données de l’Office français de la biodiversité, qui note qu’il s’agit de « la situation la plus critique jamais observée à cette période ». Si cette sécheresse qui touche toutes les régions impacte les activités humaines, elle frappe en premier lieu la biodiversité qui peuple les rivières françaises : les poissons, les amphibiens, les insectes, les crustacés.
Ces dernières semaines, de nombreuses images de ce qu’il reste de cours d’eau ont circulé, montrant des poissons morts ou amorphes à la surface de simples flaques qui étaient auparavant des rivières. « La situation est assez catastrophique », confirme Xavier Colombet, chargé de mission technique à la fédération de pêche de l’Isère.
Selon lui, les truites sont parmi les poissons les plus vulnérables. « Ce sont des poissons d’eau froide. Leur optimum thermique est entre 4 et 19 °C. Entre 19 et 25 °C, elles sont en stress thermique - elles bougent moins, elles s’alimentent moins. Et au-dessus de 25 °C, c’est létal pour elles », détaille-t-il. Les chabots, également poissons d’eau froide, sont aussi menacés de la même manière par la hausse des températures des cours d’eau.
Dans certaines rivières, les truites peuvent heureusement trouver des refuges thermiques. C’est-à-dire des zones où il y a des résurgences d’eau froide grâce à des échanges avec les nappes phréatiques. « Mais plus on anthropise (on adapte aux besoins humains, ndlr) les cours d’eau, plus on supprime ces refuges thermiques favorables à la survie des truites », pointe Xavier Colombet.
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