Elections régionales en Allemagne : Friedrich Merz peut-il survivre à une nouvelle débâcle ?
Friedrich Merz bientôt sur la sellette ? Le chancelier allemand , arrivé au pouvoir en mai 2025, pourrait jouer une partie de son avenir en cas de nouvelle défaite de son parti, la CDU, lors d'élections régionales, ce dimanche 19 septembre.
Deux semaines après la victoire historique de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt, les électeurs de deux autres Länder se rendent aux urnes : Berlin et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (dans le nord-est du pays).
Si ces scrutins portent officiellement sur les gouvernements régionaux, ils feront également office de test national pour le chancelier et sa coalition, composée du CDU/CSU, et des sociaux-démocrates du SPD.
La pression est particulièrement forte après la débâcle de la CDU en Saxe-Anhalt, où l’AfD a obtenu près de 44 % des voix, contre 17,2 % pour les chrétiens-démocrates - leur pire résultat dans ce Land depuis la réunification.
Et la situation n'est guère plus favorable dans les sondages nationaux.
Une enquête Insa réalisée pour Bild indique que seuls 14 % des Allemands considèrent encore Friedrich Merz comme le bon chancelier, contre 78 % qui répondent par la négative.
De son côté, une enquête YouGov publiée cette semaine donne la CDU/CSU à 18 %, son plus mauvais score historique dans ce baromètre, tandis que l’AfD atteint 29 %, selon les chiffres compilés par Stuttgarter Zeitung .
Une CDU sous pression Face à cette situation, la direction de la CDU a convoqué une réunion d'urgence dimanche soir, pour analyser les résultats des scrutins.
Le chancelier a par ailleurs annulé son déplacement prévu à l’Assemblée générale de l’ONU à New York, symptôme de la gravité de la crise.
Officiellement, Friedrich Merz n’entend pas céder.
Interrogé sur son avenir politique, il a rappelé qu’il avait été "élu pour quatre ans" et qu’il souhaitait utiliser cette période pour redresser le pays.
Mais au sein de la CDU, la crise monte : selon le Financial Times , une source interne au parti estime qu’il existe un "large consensus" sur le fait qu’une nouvelle défaite, en particulier en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, "changerait complètement la dynamique".
Un tel résultat serait particulièrement symbolique : le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale est le fief politique de l’ancienne chancelière Angela Merkel, longtemps rivale de Friedrich Merz au sein de la CDU et toujours nettement plus populaire que son successeur.
Ancien territoire de l'Allemagne de l'Est communiste, cette région nourrit encore des frustrations liées aux bouleversements économiques et politiques de la réunification.
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