ENTRETIEN. « Vent debout contre cette menace » : pourquoi les radios craignent un coup de frein sur leurs audiences
Administratrice au SIRTI (Syndicat des Radios Indépendantes) et directrice générale de la radio Alouette présente dans 26 départements du Grand Ouest, Victoire de Villiers confirme la volonté commune des radios françaises de s’unir face à la menace de disparition de la radio dans les véhicules neufs. Média de la mobilité , comme elle la définit, la radio doit aussi selon elle, se renforcer sur le plan législatif.
En quoi l’absence de plus en plus fréquente de récepteurs hertziens dans des voitures neuves est-il problématique ?
Victoire de Villiers : « On est vent debout face à cette menace, qui plus est pour une radio comme la nôtre, qui est une radio locale et péri-urbaine. Notre crainte principale avec ce côté tout numérique et la menace des constructeurs de ne proposer qu’un accès aux plateformes de streaming, c’est que le bouton de la radio disparaisse totalement. Le service de radio, par définition, est un service gratuit, quand les plateformes de streaming nécessitent un abonnement payant. Ce qui se prépare chez les constructeurs est encore plus inquiétant pour nous. »
En France, un tiers des écoutes du média radio se fait en voiture. Quelle est la part pour une radio comme Alouette ?
« Pour nous, c’est bien plus important parce qu’on est au-delà des 50 % des écoutes. Mais globalement et c’est aussi pour ça que toutes les radios s’unissent, aussi bien celles du service public, privées et associatives, c’est qu’il s’agit d’un véritable enjeu pour tout le monde. On est un média de la mobilité, qui accompagne les gens. Si on ne nous trouve plus du jour au lendemain dans les véhicules, ça deviendra compliqué. Pour être écouté, il faut déjà être entendu (Alouette compte 48 fréquences FM, 13 allotissements DAB +, ndlr ), mais il faut un intermédiaire. Et la voiture, en fait plus que partie. »
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Quelles sont les attentes liées à la proposition de loi qui sera débattue le 13 octobre prochain au Sénat ?
« On attend beaucoup de ces débats, qui plus est dans une année électorale, donc particulière. La radio bénéficie d’une très bonne légitimité auprès des Français mais en revanche, elle est un peu le parent pauvre des médias en matière de législation par rapport au digital ou même, la presse écrite. La proposition de loi du sénateur Laurent Lafon met justement en avant l’aspect de la modernisation de la radio. Avec différents sujets, dont celui de la place de la radio dans les véhicules. Cette mise en lumière est très importante pour nous. »
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