15 septembre : pourquoi fêter Notre-Dame des sept douleurs ?
La Croix : De quelle époque date la fête de Notre-Dame des sept douleurs ?
Jean Pierre Brice Olivier : La dévotion à Marie, Mater Dolorosa , est ancienne, mais elle devient officielle au XIIIe siècle, dans le diocèse de Florence notamment. Ce sont les Servites de Marie, un ordre mendiant fondé six ans plus tôt par sept marchands florentins, qui la fixent au 15 septembre en 1239. Selon la légende, la Vierge leur serait apparue en avril de la même année, le vendredi saint, leur présentant l’habit noir qu’ils devraient porter en souvenir des douleurs qu’elle a éprouvées lors de la Passion du Christ.
Approuvée et encouragée par plusieurs papes au fil des siècles, la fête n’est cependant inscrite au calendrier liturgique romain qu’en 1814 par Pie VII. Elle a lieu le 15 septembre, au lendemain de la fête de la Croix glorieuse (elle-même célébrée quarante jours après la Transfiguration) et un mois après l’Assomption.
J. P. B. O. : Les sept douleurs de la Vierge que commémore cette fête sont toutes mentionnées dans les Évangiles. Il y a d’abord la prophétie de Syméon qu’elle entend le jour de la Présentation au Temple (Luc 2, 34-35) : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive … » L’avertissement d’un ange à Joseph précipite la fuite de la sainte famille en Égypte (Matthieu 2, 13-21) : « Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » La disparition de Jésus, à douze ans, à Jérusalem, fait vivre à Marie des jours d’angoisse : « C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la loi » (Luc 2, 41-51).
Viennent ensuite les événements de la Passion. Marie accompagne son fils sur le chemin du calvaire : « Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus » (Luc 23, 27-31). Elle se tient aux pieds de son fils crucifié : « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : “Femme, voici ton fils.” Puis il dit au disciple : “Voici ta mère.” » (Jean 19, 25-27). Elle assiste à sa mort et à sa descente de croix : « Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. (…) Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée . » (Matthieu 27, 57-59). Enfin, elle prend part à sa mise au tombeau (Jean 19, 40-42).
Dans les Écritures, le chiffre 7 symbolise la perfection de la totalité. Ainsi, quand Pierre demande à Jésus combien de fois on doit pardonner, celui-ci lui répond : « Soixante-dix fois sept fois » (Matthieu 18, 21-22). Les sept douleurs de Marie signifient qu’elle a éprouvé, et qu’elle assume, la totalité de la douleur des femmes et des hommes de tous les temps.
Quel est le sens de cette fête ? Au-delà de la douleur et de la souffrance, qu’est-ce que l’Église veut faire comprendre ?
J. P. B. O. : D’abord, nous pouvons voir en Marie une femme totalement humaine, qui souffre et qui aime, qui souffre parce qu’elle aime, comme nous tous.
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