"Si c’est pour y retourner et ne pas être entendus… Non merci": ces anciens gilets jaunes qui ne reprendront pas du service pour la mobilisation du 17 octobre
Samedi 17 octobre, une journée de mobilisation sociale est prévue partout en France. Selon les renseignements territoriaux, jusqu'à 100.000 personnes seront présentes dans les centres-villes, péages, ronds-points, ponts et autres stations-service. Au-delà des jeunes lycéens et étudiants, les gilets jaunes sont exhortés à redescendre dans la rue par quelques figures de proue du mouvement. Mais huit ans après pour certains anciens, le cœur n'y est plus. Ils racontent à BFM. Huit ans après, Carole Grassart et son mari Patrice gardent toujours précieusement leurs gilets jaunes à l'arrière de la voiture. Des vestiges des quatre années (de 2018 à 2022) pendant lesquelles le couple de quinquagénaires occupait chaque samedi le rond-point de Caudry (Nord) en guise de protestation contre le prix des carburants et la baisse du pouvoir d'achat .
Pourtant ce samedi 17 octobre, le couple de retraités ne reprendra du service sur les ronds-points à l'occasion de la nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère , portée entre autres par les lycéens, des syndicats, les agriculteurs et d'anciennes figures de proue des gilets jaunes qui ont appelé à descendre dans la rue.
Âgés de 60 et 63 ans, cette ancienne auxiliaire de vie et son époux ont définitivement raccroché leurs gilets, fatigués par des problèmes de santé et de longues années de mobilisation.
Solidaires des luttes menées par la jeunesse, Carole et Patrice Grassart sont néanmoins blasés et désabusés. "Comment ne pas être dégoûtée et en colère?", se demande la sexagénaire, qui a perdu son emploi il y a un an. "On était sur les ronds-points plusieurs fois par semaine, et depuis rien n'a changé, ça n'a fait qu'empirer. On se serre la ceinture encore plus qu'avant".
Le couple côtoie pourtant toujours régulièrement d'anciens camarades gilets jaunes rencontrés sur les ronds-points, mais la plupart d'entre eux ne seront pas dans la rue samedi. "On en a discuté entre nous et on n'a plus envie, on s'est tellement pris plein la tête".
"Beaucoup ont été échaudés", confirme Évelyne Libéral, gilet jaune de la première heure qui a elle aussi levé le pied et ne pense pas descendre samedi. "On est toujours gilet jaune dans l'âme, quand on l'a été on le reste. Moi ce qui m'embête c'est la mentalité des Français. Ils veulent que ça bouge mais quand ça bouge ils insultent parce qu'ils ne peuvent pas aller faire leur petit tour dans les magasins le samedi. Ça me dérange de me faire insulter pour défendre leurs fesses", défend cette commerciale indépendante de 57 ans.
La quinquagénaire en garde un souvenir amer, et reconnaît avoir laissé des plumes pendant ces années de mobilisations incessantes. "Personnellement j'ai énormément manifesté, bloqué les ronds-points (à Petit-Fontaine près de Cambrai, Nord), fait des plateaux télé et tout ça en parallèle de mon travail, sur mes jours de congé", rappelle cette militante.
"J'ai eu la chance de ne pas être touchée par un tir de LBD mais au final qu'est-ce que j'y ai gagné? J'ai été traitée de cassos qui buvait sur les ronds-points.
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