UTMB, Ironman, Diagonale des fous… Participer à ces courses extrêmes est-il devenu banal ?
Le 29 août 2003, ils n’étaient que 67 à terminer la première édition de l’UTMB, alors longue de 153,3 kilomètres pour environ 8 000 mètres de dénivelé positif. Vingt-deux ans plus tard, ils étaient 1 664 à avoir franchi la ligne d’arrivée, soit près de 25 fois plus. Et ce, alors même que l’épreuve était plus difficile : elle mesure désormais environ 174 kilomètres et propose près de 10 000 mètres de dénivelé positif.
Si à l’époque, terminer un ultra-trail était considéré comme un exploit rarissime, la démocratisation des sports d’endurance efface petit à petit la légende de terminer une telle course au point de se demander si les longues distances ne sont pas devenues banales ?
Ce jeudi 27 août verra le départ de l’OCC, une des courses de l’UTMB longue de 60 kilomètres et 3 500 mètres de dénivelé positif. Déjà plusieurs épreuves connaissent leur vainqueur, notamment Rémy Brassac sur la TDS .
UTMB, Ironman, Diagonale des fous… Il y a encore quelques années, ces noms ne résonnaient que dans l’esprit des spécialistes de l’endurance. Aujourd’hui, ils sont connus de milliers de personnes qui ne pratiquent pourtant ni l’ultra-trail ni le triathlon. En l’espace de quelques années, ces épreuves sont devenues de véritables phénomènes médiatiques, portés notamment par les réseaux sociaux et l’arrivée de nouveaux créateurs de contenu.
Cette explosion de la popularité s’explique en grande partie par le développement de la médiatisation du sport, notamment sur les réseaux sociaux. Des influenceurs spécialisés dans la course à pied ont émergé en quelques années et sont devenus de véritables figures publiques. C’est notamment le cas de Clem Qui Court . Encore relativement inconnu il y a deux ans, le jeune homme de 26 ans est aujourd’hui devenu une figure importante de l’écosystème français de l’ultra-trail, non pas pour jouer les premiers rôles dans les grandes compétitions, mais plutôt pour sa façon de raconter le sport à travers des documentaires. Sa communauté, qui compte environ 700 000 abonnés sur Instagram, suit ses entraînements, ses préparations et ses participations aux courses.
Cette nouvelle manière de raconter la course à pied change aussi la perception de ces épreuves. Les réseaux sociaux ne montrent plus uniquement les performances des meilleurs athlètes : ils montrent l’envers du décor et surtout l’expérience personnelle du coureur. L’ultra-trail devient alors beaucoup plus accessible dans l’imaginaire collectif. Ce qui semblait autrefois réservé à une poignée d’athlètes apparaît désormais comme un défi que chacun pourrait, à son niveau, relever.
Cette popularité nouvelle se traduit directement par une hausse de la demande. Les courses les plus prestigieuses n’ont aujourd’hui aucun mal à vendre leurs places. Au contraire : elles doivent parfois instaurer des listes d’attente, limiter le nombre de participants ou refuser plusieurs milliers de candidatures.
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