Jardin et sécheresse : ce fuchsia est capable de s’adapter au manque d’eau
Alliant charme, élégance et rusticité relative, c’est celui que l’on rencontre le plus souvent dans les jardins. C’est un fuchsia à floraison abondante en clochettes pendantes rouge et violet pourpre pendant tout l’été. Bien buissonnant, il dépasse 1,2 m de haut après quelques années. J’ajoutais qu’il préfère l’ombre légère et les sols frais et légers. Eh bien, en ce moment où nos jardins sont en perdition, où nous faisons un terrible constat en regardant nos végétaux cramés, comme de petits miracles, certaines plantes continuent à vivre comme si de rien n’était.
Et c’est le cas dans mon jardin de Fuchsia magellanica ’Riccartonii’. Planté depuis plus de vingt ans – avant que je ne prenne possession du lieu –, en plein soleil, en sol sec toute l’année, sans jamais avoir été arrosé, même durant cette sécheresse de plusieurs mois , il est actuellement couvert de fleurs, son feuillage n’est absolument pas brûlé, alors que les plantes voisines sont à l’agonie.
Quel paradoxe : on recommande généralement aux fuchsias un sol frais, mais celui-ci démontre une capacité de résistance à la sécheresse absolument étonnante. Le sol n’a jamais été amendé en vingt ans ; le seul soin auquel il a droit, c’est une petite taille en mars-avril, pour rabattre les tiges dégingandées et supprimer le bois mort.
En fouillant, j’ai trouvé une étude scientifique consacrée à la réaction de Fuchsia magellanica ‘Riccartonii’ à la sécheresse ! Elle a été publiée en 2008 dans le Journal of the American Society for Horticultural Science. Les chercheurs ont soumis des ‘Riccartonii’ à différents régimes de déficit hydrique pendant plusieurs semaines et ont étudié leurs réponses physiologiques. Cela signifie que ‘Riccartonii’ n’est pas totalement dépourvu de mécanismes d’adaptation au manque d’eau. Les chercheurs ont notamment étudié l’ajustement osmotique, l’acide abscissique, la proline et les glucides – autant de mécanismes permettant à la plante de fonctionner sous stress hydrique.
Dans mon jardin, l’âge et son habitude du terrain ont été probablement essentiels. L’étude montre que la plante possède une capacité à répondre au déficit hydrique. Ce vieux sujet a eu, lui, plus de vingt ans pour développer son système racinaire et s’adapter aux conditions de mon jardin.
Ce n’est pas pour cela qu’il faut le planter en terrain sec, mais ça signifie que, bien installé depuis longtemps, il est capable de survivre en beauté. Et c’est très intéressant pour les années à venir, car les sécheresses ne seront certainement plus exceptionnelles. Cette aptitude à vivre en plein soleil (plutôt celui de l’Ouest) et à nous offrir une floraison abondante et un feuillage très frais en plein mois d’août en font un sujet de choix !
Que de qualités ! Si cela vous donne envie de l’adopter, sachez que sa rusticité est de – 12°, voire – 15° si son pied est bien protégé en hiver. Dans les régions les plus froides, taillez court en novembre afin de pouvoir couvrir la souche d’un bon paillis. Évidemment, à la plantation, optez de préférence pour une ombre légère ou un soleil doux, un sol frais, drainé, et apportez un bon compost. L’arrosage est primordial la première année, voire la deuxième.
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