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Fifa contre UEFA, les secrets d'une diplomatie européenne qui réussit : "Ils passent pour les chevaliers blancs du foot"

L'Express ·
Fifa contre UEFA, les secrets d'une diplomatie européenne qui réussit : "Ils passent pour les chevaliers blancs du foot"

Un premier boycott passé presque inaperçu.

Le 19 juillet, soir de la finale de la Coupe du monde, le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, brille par son absence au MetLife Stadium, près de New York.

Depuis les tribunes, le patron du foot européen aurait pourtant pu applaudir le triomphe d'une de ses fédérations, l'Espagne, après une âpre bataille contre l'Argentine.

Mais en coulisses ce jour-là, une véritable guerre couve : celle pour la gouvernance du football mondial.

Le Mondial 2026 a été le plus rentable — 15 milliards de dollars de revenus pour la Fifa — mais aussi le plus politique de l'histoire.

Supporters, arbitre ou joueurs privés de visas, polémiques sur les prix des places, pauses fraîcheurs très commerciales pendant les matchs, immiscion de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, carton rouge annulé à la demande de Donald Trump … Au cœur des critiques de la presse et des fans, le tout-puissant président de la Fifa, Gianni Infantino.

Une soif de pouvoir qui a poussé l'UEFA à agir Au coup de sifflet final, l'Italo-Suisse prend la peine de dribbler les mécontents, il savoure quand Trump parle de "l'événement le plus réussi de l'histoire de l'humanité" et évoque, déjà, une Coupe du monde élargie à 64 pays dès 2030.

Encore plus de matchs, encore plus de bénéfices.

Après tout, le dirigeant n'a reçu que peu de critiques de ses électeurs, les 211 fédérations membres de la Fifa, et peut se projeter vers une réélection sans opposition en mars prochain.

"Le président de la Fifa a toujours eu énormément de pouvoir, ce qui n'a jamais été contesté par les fédérations nationales, explique Arnout Geeraert, professeur de gouvernance du sport à l'Université d'Utrecht, aux Pays-Bas.

Mais la personnalité de Gianni Infantino et sa soif de pouvoir l'ont poussé à aller trop loin cette fois.

Ses décisions ont mis en danger l'équilibre des pouvoirs entre la Fifa et l'UEFA, alors l'UEFA a décidé d'agir." Le boycott de la finale par Ceferin n'était qu'un premier tacle, le symptôme d'une colère sourde après des décisions litigieuses tout au long du Mondial.

La véritable explosion se produit une semaine après la compétition : le 28 juillet, le Times britannique révèle que Gianni Infantino travaille en secret sur un projet, le Fifa forward entreprise (FEE), qui ouvrirait les activités commerciales de la Fifa aux investisseurs extérieurs à hauteur de 20 %.

Une manière de privatiser, notamment, la Coupe du monde.

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