Clément Beaune : "C’est parce qu’il y aura de plus en plus de vieux qu’il faudra s'intéresser de plus en plus aux jeunes"
Quelle place pour la jeunesse en 2050 ? Quid des fractures générationnelles qui semblent inéluctablement s'accentuer ? A quoi ressembleront nos services publics - nos écoles, nos armées, nos services à la personne - lorsque plus d'un tiers de la population aura plus de 60 ans ? L'immigration est-elle une solution miracle ? Quelles sont nos armes pour cesser d'aborder les politiques publiques de manière court-termiste ? Vertigineux, n'est-ce pas ? Alors que le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) publie ce jeudi Comment vivrons-nous en France demain (Tallandier), son grand rapport sur la France de 2035 et 2050, nous avons interrogé son patron Clément Beaune sur les bouleversements que le vieillissement de notre population provoquera au sein de notre société.
"La démographie, c'est le destin", aurait dit Auguste Comte : à quoi rassemblera donc le nôtre ? Et, surtout, comment est-il possible, aujourd'hui, de le changer ? Entretien.
L'Express : En voyant les lycéens et leurs professeurs manifester en ce moment, le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan ne se dit-il pas qu’en matière d’éducation, ce pays a, justement, manqué d’un plan, d’une stratégie, depuis plusieurs décennies ? Clément Beaune : Au regard des résultats de Pisa et de cette mobilisation qui exprime un malaise, avec des revendications très concrètes sur la taille des classes, les remplacements des professeurs, il y a évidemment eu des ratés et des faiblesses.
Est-ce que ça se résout uniquement par du long terme et de la prospective ? Ce serait sans doute trop simple de le penser.
Il est certain qu’on a besoin de deux ingrédients principaux : la stabilité et la continuité.
Quand on regarde les trajectoires d’autres pays, il n'y a pas de modèle parfait, ce serait idiot de le dire : le modèle finlandais qu'on a tant célébré rencontre aujourd’hui lui-même des limites et, inversement, un pays comme l’Angleterre a connu un rattrapage très important de ses performances notamment par une très grande stabilité dans les politiques menées sur quinze ans.
Sur ce point, il est certain qu’on peut faire mieux.
Et ce malaise dont vous parlez, comment l'expliquez-vous ? Je crois que c'est un malaise de la jeunesse en général.
Je ne citerai qu’un seul chiffre : un Français sur deux avait moins de 30 ans dans les années 1970 ; aujourd’hui, c'est un Français sur trois.
Et ce ratio va se dégrader.
Dans une société vieillissante, la jeunesse éprouve évidemment un malaise dans sa quête de trouver une place.
Est-elle suffisamment considérée dans les politiques publiques, quand on ne parle que de retraites ? Dans le discours collectif ? Dans l'attention que lui portent les élus, les parents ? Il va donc falloir avoir des politiques d'éducation et de jeunesse beaucoup plus fortes.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.