Décès de Ratko Mladic : derrière son arrestation en 2011, un nouveau départ européen pour la Serbie
Dans L'Express du 1er juin 2011 Avec l'arrestation de Mladic, la Serbie exprime son besoin d'Europe Avec le transfèrement de Mladic, la Serbie ne s'est pas seulement soumise à la pression de la communauté internationale.
Elle a démontré sa volonté de combattre ses propres démons pour tourner la page et envisager l'avenir.
Il y a tant de bourreaux des peuples encore en liberté que l'arrestation de l'un d'entre eux déclenche spontanément un concert d'applaudissements.
De ce point de vue, l'interpellation, au terme de seize années de cavale bénéficiant de complicités diverses, de Ratko Mladic, ancien commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie, apparaît comme une victoire hautement symbolique du droit international.
A part la Russie, allié inconditionnel des ex-dirigeants serbes , on ne compte plus les gouvernements européens qui se félicitent de la clôture de ce "chapitre très malheureux de l'Histoire" et du nouveau départ ainsi offert à la Serbie.
Le procès à venir de Mladic, responsable, entre autres, du massacre de Srebrenica, qui fit 8 000 victimes en 1995, et du siège de Sarajevo (de 1992 à 1995), lèvera en effet un grand obstacle sur la route de l'Union européenne, laquelle conditionne l'intégration future de la Serbie à sa coopération pleine et entière avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
Le rôle clef des Pays-Bas Cette juridiction, instituée en 1993 par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour poursuivre les responsables de violations graves du droit international humanitaire, n'a cessé de réclamer l'extradition de Mladic, ainsi que celle d'un autre grand criminel de guerre, Goran Hadzic, ex-président de l'éphémère république serbe de Krajina (qui regroupait les Serbes de Croatie), toujours recherché.
Pareille victoire du TPIY traduit un succès majeur : on peut escompter que la lutte contre l'impunité sera vraiment prise au sérieux par tous ceux qui pourraient recourir au massacre de masse comme à un moyen politique.
Les regards se tournent évidemment vers Mouammar Kadhafi et son fils Seïf al-Islam, contre lesquels la Cour pénale internationale (CPI), institution permanente chargée de juger les individus responsables de crimes contre l'humanité, a demandé la délivrance de mandats d'arrêt.
Un pays, dont on parle trop peu en France, n'aura cessé de jouer un rôle clef dans cette évolution décisive du droit international : les Pays-Bas, où siègent à la fois le TPIY, la CPI et la CIJ (Cour internationale de justice qui, elle, juge les Etats).
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