En 38 minutes, SpaceX vient de pulvériser son record de lancements consécutifs
C’est ce qu’on appellerait un doubleheader , ou programme double , si l’on couvrait l’actualité du baseball. Mais ici, point de balle, de batte ou de gant, mais plutôt des fusées, des satellites et surtout un nom : SpaceX. Car en lieu et place des deux matchs joués le même jour par les mêmes équipes, et que l’on désigne par doubleheader, deux vols à quelques minutes d’intervalle.
De quoi parle-t-on ? Le 26 août 2026, la célèbre entreprise américaine a fait montre, une fois encore, d’une très grande capacité opérationnelle.
À 1h12 du matin (heure UTC), une première fusée Falcon 9 s’est arrachée du pas de tir de Cap Canaveral, en Floride, avec à son bord une grappe de huit satellites de télécommunications Globalstar. Jusqu’à présent, rien que du très classique : SpaceX lance très régulièrement des fusées, à un rythme infernal, qu’aucun autre groupe ne peut tenir.
Mais au même moment, de l’autre côté du pays, sur la base californienne de Vandenberg, une seconde Falcon 9 allumait également ses moteurs pour propulser une mission classifiée au profit de l’US Space Force. Il était alors 1h50 du matin (heure UTC). Et le résultat ? Un écart entre les deux mises à feu absolument minimal : 38 minutes et 31 secondes.
Cette double mission express n’est pas à proprement parler une première. Mais ici, l’entreprise pulvérise surtout son précédent record. Pour retrouver la trace d’un délai aussi court entre deux vols orbitaux, il fallait jusqu’à présent remonter au 31 août 2024. À l’époque, la firme avait enchaîné deux missions Starlink avec un écart de 1 heure et 51 minutes.
Comme l’a souligné Kiko Dontchev, le vice-président des lancements, sur X, coordonner deux comptes à rebours critiques de manière quasi simultanée exige des équipes au sol une attention de tous les instants. Pendant qu’une équipe gérait la séparation du premier étage au-dessus de l’Atlantique, l’autre finalisait le remplissage en ergols sur la côte Pacifique.
Ce qui rend ce record de 38 minutes fascinant, c’est qu’il s’appuie sur du matériel de « seconde main ». Le vol n° 677 (Floride) utilisait un propulseur volant pour la 14e fois, tandis que le vol n° 678 (Californie) s’appuyait sur un premier étage effectuant son 18e voyage. Les deux boosters sont d’ailleurs rentrés à bon port, l’un sur la terre ferme, l’autre en mer.
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