Vladimir Kara-Murza, opposant russe : "Après Vladimir Poutine, nous aurons un très grand changement politique en Russie"
Il a été empoisonné à deux reprises, mais n'a rien perdu de son mordant.
Depuis sa libération, à l'été 2024, Vladimir Kara-Murza porte partout son message : "Lorsque Poutine disparaîtra, il y aura une fenêtre d'opportunité pour opérer une transition vers la démocratie.
Préparons-nous et ne répétons pas les erreurs des années 1990", nous dit-il, en marge d'une table ronde organisée à l'Assemblée nationale par la députée Natalia Pouzyreff, mercredi 7 octobre.
Entretien.
L'Express : Lors des dernières législatives de septembre, le parti de Vladimir Poutine a obtenu près de 58 % des voix.
Que dit ce résultat de la Russie d’aujourd’hui ? Vladimir Kara-Mourza : Lorsqu’on parle d’élections en Russie, il faut toujours mettre ce mot entre guillemets.
Cela fait en réalité 27 ans que nous n’avons pas eu de véritable élection.
La dernière fois que cela s’est produit, et que des observateurs internationaux crédibles ont pu l’attester, c’était lors des législatives de décembre 1999.
Depuis, il n’y a plus eu un seul scrutin libre et démocratique en Russie.
Et la situation n’a fait qu’empirer à chaque nouveau cycle électoral.
Les "élections législatives" de septembre n’ont donc été qu’une simple farce.
Il y a plusieurs raisons à cela.
Tout d’abord, le seul parti d'opposition, Iabloko, par ailleurs antiguerre, a été écarté du scrutin.
La raison en est simple : le régime craignait qu’en dépit de toute sa propagande et sa censure, ce parti ne recueille des millions de voix.
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