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Allemagne : Zollverein, les trois vies d’une géante d’acier

L'Express ·
Allemagne : Zollverein, les trois vies d’une géante d’acier

Une forêt de poutrelles d'acier, d'immenses bâtiments de briques rouges, des tapis roulants suspendus dans le vide… A Essen, la silhouette du complexe de Zollverein raconte à lui seul l'épopée industrielle de la Ruhr.

Les machines se sont tues, mais le site continue d'attirer des milliers de visiteurs venus découvrir l'une des plus étonnantes reconversions patrimoniales d'Europe.

Fondée en 1847 par l’industriel Franz Haniel, exploitée dès 1851, la mine Zollverein devient rapidement un modèle d’efficacité productive en s’adaptant au progrès.

Au début du siècle suivant, il ne s’agit plus seulement d’extraire du charbon, mais de le transformer et de le rationaliser à grande échelle.

En 1932, la construction du puits d’extraction central XII, conçu par les architectes Fritz Schupp et Martin Kremmer, incarne cette ambition avec ses volumes rigoureux et son monumental chevalement d'acier.

Cette architecture moderniste, aujourd'hui emblématique, accompagne celle qu’on surnomme alors "la plus belle mine du monde".

Pendant plusieurs décennies, des milliers de mineurs descendent chaque jour sous terre, Zollverein vit au rythme des fours et de la chaleur du coke, son charbon alimentant les aciéries, les usines et les centrales électriques qui font de la Ruhr le moteur économique de l'Allemagne.

Mais à partir des années 1960, la concurrence internationale et l'évolution des sources d'énergie précipitent le déclin de la filière.

Lorsque l'extraction cesse définitivement en 1986, beaucoup imaginent que les installations seront démantelées.

C'est pourtant l'inverse qui se produit.

Des artistes investissent les bâtiments, des projets y voient le jour, l’usine devient progressivement un territoire d’expérimentation.

En 2001, Zollverein entre officiellement dans une nouvelle dimension avec son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco comme témoignage majeur de l’histoire de l’industrie européenne.

C’est à ce moment-là que la mine d’Essen amorce une troisième vie : celle d’un campus culturel et créatif en constante évolution.

Un musée de la Ruhr, un autre autour du design, des écoles d’art et des événements internationaux l’ont transformé en pôle culturel international.

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