Accord sur le diesel russe : la trahison de Donald Trump arrive au pire moment pour l'Ukraine
Donald Trump n’aurait pas pu faire plus beau cadeau à Vladimir Poutine, quelques jours à peine après son anniversaire.
En autorisant, le 9 octobre, par une dérogation aux sanctions américaines contre Moscou, l'importation de près de cinq millions de tonnes de gazole russe aux Etats-Unis et sur les marchés mondiaux, le locataire de la Maison-Blanche trahit une nouvelle fois l’Ukraine et les Européens, à un moment particulièrement délicat pour Kiev.
La population ukrainienne, désormais pilonnée 24 heures sur 24 sans plus aucune retenue, voit en effet arriver avec appréhension un cinquième hiver de guerre qui s'annonce cauchemardesque, dans le froid et le noir.
Le pays est harcelé par des nuées de drones à réaction – dont la vitesse complique l'élimination – et manque de munitions pour ses systèmes antiaériens Patriot (de fabrication américaine), parmi les rares à être capables d'intercepter des missiles balistiques russes.
"La Russie essaye délibérément de nous étrangler avec sa terreur.
Elle frappe les villes, les hôpitaux, les transports publics", et "a renforcé ses attaques contre les infrastructures numériques et énergétiques", expliquait vendredi en vidéo (avant l'annonce de Donald Trump) Vsevolod Chentsov, vice-Premier ministre ukrainien, lors d'un forum organisé par l'Institut français des relations internationales, précisant que le bâtiment gouvernemental depuis lequel il s'exprimait avait subi dans la journée des coupures d'électricité et d'eau.
"La Russie ne veut pas la paix, c'est un Etat terroriste, un Etat agresseur.
L'unique moyen d'arrêter cette guerre est d'être forts, ensemble [avec les partenaires de l'Ukraine]", a-t-il ajouté, évoquant un moment de "bifurcation".
Pas suffisant pour faire baisser les prix du diesel Mais quand les Européens appellent à accroître la pression sur une Russie qui piétine sur le front et souffre économiquement, Donald Trump choisit au contraire de desserrer l’étau.
Et envoie un signal politique désastreux, en prenant une nouvelle fois le parti de l'agresseur, qui a décidé de briser le moral de la population ukrainienne.
Tout cela dans le but cynique de faire redescendre les prix du diesel - montés en flèche en raison de la guerre lancée par l’Amérique contre l’Iran - à l’approche d’élections de mi-mandat qui s’annoncent mal engagées pour le camp républicain.
"Il n’est toutefois pas certain que la Russie ait la capacité de livrer le diesel dans les quantités attendues par les Américains.
Et donc de faire baisser le prix du diesel d'ici aux midterms", commente François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Environ la moitié des six plus grosses raffineries productrices de diesel en Russie ont fortement réduit ou arrêté leur production, selon l'agence Reuters.
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