Israël : la colonisation au cœur de la stratégie électorale de Benyamin Netanyahou
Après moult tergiversations et sous la pression, Benyamin Netanyahou a fini par dénoncer, le 30 août, les jeunes colons radicaux qui bloquaient l’accès à plusieurs maisons palestiniennes depuis plusieurs semaines en Cisjordanie.
"Je condamne fermement les actes criminels de violence commis dans les villages de Qusra et Jalud par une poignée d’émeutiers qui violent la loi, causent une énorme injustice aux colons respectueux des lois, entravent l’armée dans l’accomplissement de ses missions et nuisent à la réputation d’Israël dans le monde", a déclaré le Premier ministre israélien.
Il faut lire attentivement ces propos pour saisir la subtile stratégie électorale du chef de la droite israélienne, qui compte se maintenir au pouvoir à l'issue des élections législatives prévues le 27 octobre prochain.
D’un côté, celui qui a cumulé près de 19 années au poste de Premier ministre déplore opportunément des actes de violence relayés par les médias internationaux, qui ulcèrent jusqu’à ses plus proches alliés, comme Mike Huckabee, l’ambassadeur américain à Jérusalem.
Pourtant fervent soutien de la colonisation de la Cisjordanie, le diplomate a fustigé "un terrible acte de terreur" en parlant du blocus de Qusra.
Mais, dans le même mouvement, Benyamin Netanyahou ménage les "colons respectueux de la loi".
Car son avenir politique dépend en grande partie de son alliance avec les deux piliers du mouvement de la colonisation : le parti sioniste religieux de Betzalel Smotrich et le parti d’extrême droite Puissance juive d’Itamar Ben Gvir.
Sans compter que l’aile droite et la jeune garde du Likoud adhèrent aussi à l’idéal du Grand Israël, de la Méditerranée au Jourdain.
Ils harcèlent les villageois palestiniens Pour s’assurer du soutien des ultranationalistes israéliens, le patron du Likoud n’a cessé de leur donner des gages ces derniers mois.
Avant l’été, son gouvernement a légalisé une centaine d’avant-postes à travers la Cisjordanie.
Dans ces micro-implantations, constituées de quelques mobile-homes blancs posés à la hâte, résident généralement de jeunes actifs, insérés au sein de l’armée israélienne ou dans le monde du travail, à mille lieues des adolescents désocialisés qui harcèlent les villageois palestiniens de Cisjordanie.
"Nous venons de recevoir l’avis de légalisation, se réjouit Tsofia, une jeune femme de vingt-deux ans au ventre arrondi, installée ici avec son mari.
Le peuple d’Israël revient sur sa terre par amour mais il y a des gens qui ne veulent pas que nous soyons ici.
C’est pourquoi nous nous y installons avec persévérance, dans le but d’y amener tout le peuple d’Israël".
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