En difficulté, le secteur audiovisuel cible l’apathie des pouvoirs publics
Nouvelles économies chez France Télévisions, « coups de boutoir » de YouTube sur la publicité : les patrons de l’audiovisuel ont déploré vendredi 18 septembre l’ « apathie incompréhensible » des pouvoirs publics, s’inquiétant pour leurs capacités de création au festival de la fiction de La Rochelle.
« Les plateformes » étrangères de streaming comme Netflix ou Disney+ « sont en train de prendre le + lead + sur les investissements (…) Est-ce que ça ne va pas avoir un impact sur ce qu’on pense ? » , a demandé la présidente du groupe public France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, devant un théâtre comble.
« Nos marges s’érodent, nos modèles économiques s’affaiblissent, et sans action, c’est notre capacité à produire une offre éditoriale à forte valeur ajoutée, d’informations et de divertissements, et à la faire rayonner, qui est menacée » , a renchéri le patron du géant privé TF1, Rodolphe Belmer, au nom de l’organisation sectorielle LaFA (La filière audiovisuelle).
Les inquiétudes des producteurs et scénaristes exprimées au festival ont redoublé avec l’annonce par Delphine Ernotte Cunci dans Le Monde que son groupe devra économiser 90 millions d’euros en 2027, du fait d’une nouvelle baisse des dotations de l’État.
Conséquence, après avoir ramené de 440 à 400 millions d’euros ses investissements dans la création audiovisuelle, dont il est le poumon, France Télévisions pourrait diminuer l’enveloppe à 380 millions d’euros en 2027. Le groupe a déjà taillé dans ses commandes, en renonçant à une dizaine de fictions sur des thèmes de société et en supprimant plusieurs séries policières.
« Cela se sentira dans la profession parce qu’il y aura moins de mises en production. Le téléspectateur le verra à l’antenne en 2028 » , a expliqué à l’AFP la directrice des programmes du groupe, Anne Holmes.
France Télévisions, qui a plusieurs séries ou téléfilms en compétition à La Rochelle, a tout de même annoncé en fin de journée ses projets en développement, dont « 14 juillet » , en collaboration avec le romancier Nicolas Mathieu, ou « Louise Michel » , sur la figure de la Commune de Paris, qui sera incarnée par Céline Sallette.
La présidente du principal syndicat des producteurs, Isabelle Degeorges (Gaumont Télévisions France) a dit craindre « un plan social dans l’industrie » , alors que la filière revendique 260 000 professionnels.
Rodolphe Belmer a mis en cause l’État, en soulignant que France Télévisions « ne dispose toujours pas d’un contrat d’objectifs et de moyens » du gouvernement, « depuis quatre ans » . « Juste une politique de coups de rabot successifs » , a-t-il ajouté.
Le président de LaFA a déploré une « apathie incompréhensible » des pouvoirs publics sur la publicité, les chaînes de télé étant soumises à des restrictions auxquelles échappent les plateformes de streaming ou le géant des vidéos YouTube.
« Sous les coups de boutoir, notamment de YouTube, et de ses prix prédateurs, le marché de la publicité à la télévision a reculé de 10 % cette année.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.la-croix.com — le contenu appartient à La Croix.