Partenariat EDF-BYD : un scandale en trompe-l’œil
Scandaleux, irresponsable, une faute politique, un camouflet pour l'automobile française : on aura tout entendu sur le partenariat entre EDF - détenu à 100 % par l'Etat - et BYD .
En finançant, pour quelques centaines d'euros par véhicule, les modèles électriques du constructeur chinois, l'énergéticien s'est mis à dos tous les gardiens du "Made in France", à commencer par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin, qui demande que le dispositif d'aide, qui se termine à la fin de l’année, ne soit pas reconduit.
"Tout cela est incompréhensible", glissent plusieurs experts de l'énergie à L'Express.
Non qu'EDF ait commis une faute en misant sur un constructeur en pleine offensive sur le marché français.
Mais parce qu'une fois de plus, un microsujet est érigé en drame national.
"Le plus frappant, c'est qu'EDF a du mal à se défendre de l'intérieur", déplore une source proche du dossier.
Le groupe aurait pourtant de quoi répliquer.
Le media Auto Infos, qui décortique le financement des Certificats d'économie d'énergie (CEE) - le dispositif au cœur de la polémique - le note sèchement : si l'on reproche à EDF sa (petite) ristourne aux clients de BYD, personne n'a jamais fait grief à Engie de soutenir les ventes de Nissan ou de Kia, ni à E.Leclerc de rogner la facture des Ford et des Toyota.
"Depuis février, Volkswagen a noué très exactement le même type de partenariat avec EDF, permettant à ses clients français d'empocher jusqu'à 6 890 euros d'aide.
Subventionner les usines de Wolfsburg avec nos deniers publics, personne n'en a perdu le sommeil.
C'est bien la provenance asiatique du constructeur qui crispe", relève de son côté le magazine Auto Plus.
Deux poids, deux mesures "La ligne directrice d’EDF, c'est l'électrification, rappelle une source à L'Express.
Qu'on lui demande maintenant de faire une exception pour les produits chinois, pourquoi pas, mais alors, allons jusqu'au bout".
Quand l'énergéticien a lancé ses aides sur les pompes à chaleur au printemps dernier, il n’était pas non plus question d’acheter français.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.