MBS seul face aux houthistes du Yémen : l'ultime trahison de Donald Trump
Certains fauteuils vont rester désespérément vides lors du Congrès mondial de l’Energie de Ryad.
Parmi les grands absents de ce forum annuel réunissant les mastodontes du secteur : de hauts cadres de BP, TotalEnergies ou ExxonMobil, qui n’ont pas pu faire le déplacement.
Après les spectaculaires attaques de la semaine dernière contre l’aéroport de la capitale - treize morts et plus de 300 blessés, rien que le 10 octobre -, ces absences illustrent l’inquiétude des majors pétrolières quant aux garanties sécuritaires qu’offre aujourd’hui l’Arabie saoudite.
Alors que la contre-offensive ("L’aube du Yémen") du prince héritier Mohammed ben Salmane lancée la semaine dernière piétine, le royaume wahhabite se retrouve aujourd’hui pris au piège d’un conflit insoluble avec les Houthis et grandement affecté par le blocus maritime des détroits de Bab el-Mandeb et Ormuz.
Face à cette flambée de violence inédite, un homme concentre toutes les crispations : Donald Trump.
Non seulement le président américain a lancé une guerre hasardeuse face à l’Iran, mettant fin au modèle sécuritaire du Golfe, mais il ne répond toujours pas aux appels à l’aide de MBS, bien seul face aux milices chiites de la région.
Alors que les stocks d’intercepteurs (les batteries THAAD et Patriot de fabrication américaine) sont au plus bas, autant à Washington qu’à Ryad après le récent conflit dans le golfe Persique, le locataire de la Maison-Blanche refuse pour le moment d’alimenter un nouveau front au Moyen-Orient, dont les conséquences sont potentiellement explosives à quelques semaines des midterms.
La flambée des prix de l’énergie est déjà une réalité concrète pour des millions d’Américains.
L'armée saoudienne prise à défaut Et même si Washington continue de fournir du renseignement, il s’agit pour MBS d’une terrible trahison de son allié historique.
L’Arabie saoudite, le premier voyage international de Donald Trump lors des deux élections de 2017 et 2025, est encore aujourd’hui le plus grand importateur mondial d’armement américain (12 % l’an passé).
Malgré la profusion de matériel militaire - Trump a accepté le principe de vendre des avions de combats F-35 pour compléter la panoplie des F-15 -, l’armée saoudienne a bien du mal à endiguer les attaques des rebelles yéménites (au sud) et irakiens (au nord), qui rêvent tous de voir chuter la dynastie des al-Saoud.
Et ce, pour deux raisons.
"Certaines de leurs armes sont obsolètes car elles sont basées sur le modèle de l’invasion irakienne du Koweït en 1990 et des batailles dans le désert.
Or, aujourd’hui, la guerre des drones a tout changé, analyse Bernard Haykel , professeur d’études du Proche-Orient à l’université de Princeton.
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