En Corée, les hormones de croissance sont un investissement sur l’avenir des enfants
En Corée du Sud, la taille n’est plus seulement considérée comme une caractéristique physique, elle est devenue un véritable atout, tout au long de la vie. Et les parents sont prêts à dépenser des milliers de dollars en injections d’hormones de croissance, espérant conférer à leurs enfants ne serait-ce qu’un infime avantage.
Développés, à l’origine, pour les enfants souffrant de graves dérèglements hormonaux ou de maladies génétiques, ces traitements sont aujourd’hui de plus en plus administrés à ceux qui grandissent pourtant normalement.
Les données de santé du gouvernement témoignent d’une forte augmentation des prescriptions dans l’ensemble du pays. Selon le Health Insurance Review and Assessment Service [Hira, le service de santé publique coréen], les prescriptions ont presque doublé en à peine trois ans, [passant d’environ 140 000 en 2021 à 270 000 en 2024]. Dans le même temps, le nombre de patients, lui, a été multiplié par plus de deux, passant de 16 711 à 34 881.
Mais ces chiffres dessinent un tableau incomplet. Car les données de l’Hira se limitent aux traitements couverts par les très strictes conditions de l’assurance-maladie sud-coréenne, qui concernent les enfants en dessous du troisième percentile de taille et pour qui on a diagnostiqué une déficience hormonale ou
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