Politique. « Démonstration de force », « vintage » : les universités d’été, entre rituel et tremplin électoral
C’est un rituel qui revient chaque été. Entre bains de mer et reprise studieuse, la plupart des partis politiques intercalent une “université d’été” pour remettre les troupes en ordre de marche. Les militants agitent les drapeaux, les chefs tombent la cravate, les échos s’échangent à la buvette, et tout se termine souvent par un grand discours politique.
Les dénominations et les formats peuvent varier, les lieux aussi : certaines universités se délocalisent chaque année dans une nouvelle ville, quand d’autres s’ancrent au contraire sur le même territoire. La Baule ( Loire-Atlantique) et La Rochelle ( Charente-Maritime) ont longtemps été synonymes d’université d’été pour l’UMP et de PS.
Toutes poursuivent des objectifs relativement similaires, analyse Philippe Riutort, professeur de chaire supérieure au lycée Henri IV et spécialiste de la communication politique : « Il y a des différences très fortes selon les partis. Mais il y a quelque chose qui demeure, à mon sens, dans l’ensemble des formations politiques, c’est la sociabilité. Se voir, rencontrer des gens qui ne sont pas dans les mêmes cercles ou territoires… C’est une dimension importante, particulièrement pour les jeunes adhérents qu’on retrouve beaucoup dans ces universités ».
Elles sont aussi l’occasion pour les partis politiques de communiquer. « Avec les universités d’été, les partis s’adressent surtout à leurs militants. C’est une démonstration de force auprès de ses propres troupes , et c’est bien en les rassemblant qu’on montre sa force. On imagine mal un parti ne pas organiser d’université d’été, alors que les autres le font : il y a un effet d’entraînement », reprend Philippe Riutort.
C’est aussi une tribune médiatique où mettre en scène ses soutiens, qu’il s’agisse d’artistes ou d’intellectuels, ou encore sa capacité d’ouverture. Réussir à inviter des opposants devient alors la garantie de faire le buzz hors du cercle des militants. C’est aussi l’occasion pour les organisateurs de démontrer leur capacité à dépasser les clivages, et pour l’invité de prouver son courage politique. On se souvient notamment de la députée Violette Spillebout (Renaissance), venue débattre l’année dernière aux universités d’été de La France Insoumise – une venue qui avait fait grincer des dents dans son camp.
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Mais ces universités sont aussi des lieux de formation, où l’on apprend par exemple à prendre la parole en public, ou trouver les arguments pour convaincre de nouveaux adhérents. C’est d’ailleurs un peu l’origine du concept, apparu aux États-Unis à la fin du XIX e siècle. En France, la première université d’été politique est généralement attribuée aux Jeunes Giscardiens, qui s’étaient rassemblés pendant trois semaines à Montpellier (Hérault). C’était en août 1975. Rapidement, le modèle avait été imité par les autres partis politiques.
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