Doubs. « On a vu des tracteurs franchir la frontière »: avec la sécheresse, le trafic de fourrage se développe
Le 17 août, les douaniers de Pontarlier sont tombés sur un tracteur qui tentait de passer la frontière côté Suisse, avec un chargement de fourrage sur sa remorque. Ce contrôle a permis de mettre en lumière une nouvelle forme de contrebande née avec la sécheresse.
Dans leurs fermes nichées à plus de 1 000 m d’altitude, des agriculteurs du Haut-Doubs ont aperçu un curieux manège ces dernières semaines. « On a vu des tracteurs franchir la frontière, charger du fourrage chez certains collègues et repartir côté Suisse. » L’information est remontée aux hommes de la brigade des douanes de Pontarlier, qui ont diligenté une série de contrôles en début de semaine. L’une de ces opérations a permis de mettre la main sur un chargement entier qui n’avait fait l’objet d’aucune déclaration à l’import et à l’export .
Cette pratique est le fruit de la crise climatique qui touche l’ensemble du territoire depuis plusieurs semaines. Dans les fermes, les stocks de paille et de foin sont au plus bas, et certains agriculteurs suisses n’hésitent pas à sortir le chéquier pour acheter des bottes au prix fort. « Pour les éleveurs qui ont des fournisseurs réguliers tout au long de l’année, les prix augmentent, mais dans des proportions raisonnables, de l’ordre de à 20 à 30 %, indique le président de la chambre d’agriculture du Doubs et du Territoire de Belfort, Philippe Monnet. Mais pour les personnes qui n’ont pas de filière établie, qui vont sur le marché spot, là, les prix explosent. » Ces profiteurs de crise font monter les enchères et distribuent le fourrage au plus offrant, au mépris des règles douanières.
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