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Opération anti-LGBT + en Turquie : une manifestation dispersée, des comptes de réseaux sociaux bloqués

La Croix ·
Opération anti-LGBT + en Turquie : une manifestation dispersée, des comptes de réseaux sociaux bloqués

Quelque 200 manifestants réunis à Izmir, dans l’ouest de la Turquie, pour protester contre un coup de filet anti-LGBT + la veille ont été dispersés lundi 14 septembre par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes. Les policiers ont arrêté deux manifestants, dont un avocat. Parmi les slogans scandés, on pouvait entendre « En défi à la haine, vive la vie » , « Tu ne marcheras jamais seul ».

Le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan , qui a proclamé en 2026 « la Décennie de la famille » , prend régulièrement pour cible les LGBT+, qu’il qualifie de « pervers » et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

Dans le cadre de la campagne des autorités appelées « Ma famille est en sécurité » , des « poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises » dans 15 provinces turques dont Istanbul, Ankara et Izmir, les trois principales villes du pays, avait indiqué dimanche sur X le ministre de la Justice, Akin Gürlek.

À Istanbul, des policiers avaient mené des descentes dans des bars gay et une boîte de nuit considérée comme un refuge de la communauté LGBT+, selon des images de médias progouvernementaux. Un hammam pour hommes connus pour être un lieu de prostitution avait également été visé.

Plusieurs comptes de médias et d’ONG militantes sur les réseaux sociaux avaient été bloqués et des dizaines d’arrestations menées par la police dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+, sur la base d’accusations d’ « obscénité » , « d’aide à la prostitution » ou de « liens financiers avec l’étranger » .

D’autres comptes X et Instagram ont connu le même sort lundi, selon l’association de défense de la liberté d’expression Iföd, « notamment ceux du journal Evrensel, d’Amnesty International Turquie, des Académiciens pour la paix et de l’Association des études sur les médias et le droit (MLSA) » .

Selon l’organisation Kaos GL, dont les comptes ont été bloqués, les bureaux fouillés et les dirigeants placés en détention, les procureurs d’Ankara lui reprochent un contenu « obscène » accessible aux enfants.

L’Union européenne a, de son côté, fait part lundi de sa « préoccupation » . Bruxelles « rappelle que la Turquie, en tant que pays candidat à l’Union européenne et membre de longue date du Conseil de l’Europe, doit promouvoir et garantir le respect des droits humains et de la dignité de toutes les personnes, indépendamment de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle » , a ajouté Christian Wigand, un porte-parole de la Commission.

L’homosexualité n’est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l’homophobie y est répandue jusqu’au sommet de l’État.

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