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De Gaulle après l'attentat du Petit-Clamart : "Sur le moment, j'ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin"

L'Express ·
De Gaulle après l'attentat du Petit-Clamart : "Sur le moment, j'ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin"

Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 30 août 1962 "Cette fois, c'était assez tangent...", dit le général de Gaulle , avec son tranquille courage.

Un guet-apens réussi (avec quelles complicités ?) et des armes de guerre en action ! Ces messieurs font des progrès.

Le chef de l'Etat sera-t-il victime de ce qui sera, aux yeux des historiens, son titre de gloire ? Un parlementaire, dont la loyauté est reconnue de tous et qui est apparenté à de Gaulle, a déclaré après l'attentat que les assassins auraient détruit "tout à la fois, à travers la personne du chef de l'Etat, la République, la démocratie et notre liberté".

Tragique tableau de l'instabilité d'un Etat qui repose, comme sur un pivot, sur une tête ! Une guerre civile contre un seul homme et la France à la merci d'un tueur ! Le constater, n'est-ce pas dire aux conjurés : "Tuez-le et vous gagnez !" Et n'est-ce pas aussi travailler inconsciemment à leur succès, après le crime, que d'inciter à la panique pour le jour où il serait commis ? Quelque temps après le premier attentat, le général de Gaulle m'avait dit : "Sur le moment, j'ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin." Car les grands hommes sont moins soucieux de leur personne que de leur personnage. — Détrompez-vous, lui répondis-je, on vous reprocherait d'avoir modelé une Constitution à votre convenance et d'avoir pensé : "Après moi, le déluge !" Il est urgent de réformer la Constitution, et vous seul, aujourd'hui, pouvez y parvenir.

Je lui dis la réforme que je suggérais.

Il ne me contredit pas.

Mais, depuis lors, il a envisagé une réforme qui aggraverait singulièrement la situation actuelle : l'élection du président de la République au suffrage universel.

Est-ce pour "régulariser sa situation", comme on l'a dit ? Elle ne l'eût été en rien.

Le résultat certain serait de personnaliser plus encore le pouvoir et de confirmer les insurgés dans l'idée que le seul problème pour eux est d'abattre de Gaulle la dictature leur revenant ensuite, puisqu'il n'y aurait plus "ni république, ni démocratie, ni liberté".

Ce serait, en outre, organiser une cacophonie dans l'Etat, car qui l'emporterait de cet élu du pays tout entier ou du gouvernement, chargé aux termes de la Constitution de "déterminer et de conduire la politique de la nation" ? Si l'on enlevait ce droit au gouvernement, on tomberait alors dans le régime présidentiel où le Parlement est tout-puissant en matière législative.

Sous ce régime, la force de frappe nationale eût été repoussée.

Aussi de Gaulle n'en veut-il pas.

Il a songé à réaliser l'élection du président de la République au suffrage universel par la voie d'un appel au peuple, sous la forme d'un référendum.

Mais cette voie est fermée.

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5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.

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