Un Starlink chinois pour la Russie ? Zelensky demande aux États-Unis d’aider l’Ukraine à « contrôler le ciel »
La Russie va-t-elle bientôt pouvoir bénéficier d’un « Starlink chinois » pour mener ses opérations militaires en Ukraine ? C’est la crainte exprimée par le président Volodymyr Zelensky dans la journée du 8 octobre face aux journalistes. Selon lui, Pékin s’approche d’un équivalent au réseau satellitaire de SpaceX dont Moscou pourrait tirer parti.
Depuis l’invasion à grande échelle du pays en 2022, l’armée ukrainienne s’appuie sur les terminaux Starlink pour relier ses troupes et piloter ses drones. Cette connectivité permet à Kiev de tenir face à l’agression militaire subie depuis plus de quatre ans, et de mener des contre-offensives payantes malgré une infériorité numérique importante.
La Russie a elle-même cherché à exploiter Starlink pour lancer des drones sur son voisin, mais les conditions d’accès au service ont été durcies depuis le début de l’année, avec un système de liste blanche, pour mieux filtrer les utilisateurs. Des révélations avaient montré que l’armée russe met parfois la main sur des terminaux Starlink, et cela depuis des années .
Lucide sur l’avantage important que Starlink donne à l’Ukraine, la Russie a depuis longtemps cherché à brouiller ce réseau – et Kiev, de son côté, fait son possible pour détruire les engins à l’origine de ces interférences . Des tentatives de sabotage ont également été rapportées, comme en Pologne, avec l’ombre de la guerre hybride de la Russie en Europe .
Si Moscou obtenait un équivalent, Kiev perdrait cet avantage. Devant les journalistes, Volodymyr Zelensky en profite pour relancer ses appels auprès de Washington. Il demande aux États-Unis d’aider l’Ukraine à « contrôler le ciel » pour se protéger. Selon lui, cette aide « ne coûte rien » aux Américains et pousserait Vladimir Poutine à s’asseoir à la table des négociations.
« Cela ne coûte rien d’aider l’Ukraine, et j’ai dit ouvertement : ‘Donnez-nous, aidez-nous à protéger le ciel et à le dominer’, et alors Poutine s’assiéra à la table des négociations. Pourquoi ? Parce qu’il perdra tout, il perdra tout. Trois mois, deux mois — il aura tout perdu », a lancé le chef de l’État, avant d’ajouter : « Nous attendons que les Chinois développent leur équivalent et le remettent aux Russes. »
Les Européens travaillent eux aussi sur ce type de réseau, mais Kiev n’en attend pas de résultat à court terme : « Nous parlons avec les Européens qui développent aussi plusieurs de ces directions. Ils seront heureux de nous aider, mais ils ne sont pas encore aussi proches du résultat dont nous avons besoin », a regretté le président.
Côté russe, un réseau satellitaire existe déjà, mais il reste embryonnaire. L’entreprise Bureau 1440 déploie Rassvet (« aube » en russe), une constellation de satellites en orbite basse conçue comme une copie de Starlink. Elle a lancé 16 satellites en mars 2026, puis 16 autres en juillet .
Bureau 1440 doit dépasser 250 satellites avant d’ouvrir un service commercial, prévu pour 2027, une date que l’entreprise a déjà repoussée une fois.
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