Solidarité. Emmaüs Connect réutilise le matériel high-tech des dealers pour lutter contre l’illectronisme
L’association Emmaüs Connect collabore depuis 2024 avec des tribunaux pour récupérer du matériel numérique confisqué par la justice française dans le cadre d’affaires délictuelles, qu’elle réutilise pour lutter contre les fractures numériques. Venant en aide à des milliers de personnes à travers le pays, elle vient de signer un nouveau partenariat avec le tribunal de Carpentras (Vaucluse), après plusieurs conventions passées avec des instances d’Île-de-France.
Près de 500 smartphones et téléphones à touches provenant de juridictions ont déjà été collectés par Emmaüs Connect. Apparue dans le paysage tricolore en 2013, l’association « vise à réduire l’exclusion numérique en se basant sur trois leviers : favoriser l’accès aux équipements en les proposant à prix réduit, faciliter l’accès aux moyens de connexion [crédits mobiles et internet à des tarifs “solidaires”, NDLR] tout en proposant des formations à l’usage du numérique », détaille Pierre Resta, responsable territorial en Seine-Saint-Denis d’Emmaüs Connect. Principal objectif de l’association : lutter contre l’illectronisme. « Nous collectons du matériel auprès de différents partenaires, que ce soit des entreprises, des collectivités et, depuis peu, des juridictions. »
En 2024, Emmaüs Connect signe une première convention en Île-de-France avec le tribunal judiciaire de Créteil pour obtenir des dons high-tech provenant d’affaires délictuelles . Suivront des partenariats avec les juridictions de Bobigny, Meaux et la Cour d’appel de Paris. « À ce jour, nous avons pu collecter 65 PC portables, 446 smartphones et téléphones à touches et 57 tablettes », liste Pierre Resta.
Une goutte d’eau face aux besoins, mais l’initiative prend de l’ampleur. En avril, c’est dans le Vaucluse qu’une nouvelle convention a vu le jour avec le tribunal judiciaire de Carpentras, et l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Ces conventions naissent à la suite d’échanges avec les tribunaux qui rencontrent des problèmes de stockage » de scellés, note le responsable territorial.
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