Consommation. Travail, santé... quand la hausse des prix des carburants oblige à des arbitrages
La hausse des prix des carburants force les Français à restreindre les déplacements avec leur véhicule. Ce phénomène perturbe leurs habitudes et a de nombreuses conséquences sur la vie des plus modestes et ruraux.
Les Français sont largement contraints par la hausse des prix des carburants . Le gazole était affiché à 2,225 euros en moyenne le 2 septembre et le SP95-E10 à 2,068 euros, selon les données du gouvernement. « La voiture est un outil d’autonomie et de liberté complètement intégré à nos modes de vie contemporains mais qui a un coût. Et quand ce coût augmente, le mode de vie est impacté », explique Jérôme Fourquet, l’un des auteurs d’une étude sur le sujet de la Fondation Jean Jaurès et de l’Ifop (*). Celle-ci révèle que 71 % des Français s’estiment dépendants à la voiture dans leur vie quotidienne.
Ce phénomène perturbe les habitudes de chacun, notamment dans les catégories modestes et rurales qui sont plus concernées. En milieu urbain, les transports en commun sont très utilisés. 67 % des Français pensent qu’il coûte aujourd’hui trop cher d’aller travailler. « Dans un milieu modeste, on a un travail qui rémunère peu et qui est souvent lié à la voiture. Pour certains, la question entre aller travailler et rester à la maison en faisant quelques économies se pose », admet Rémi Branco, autre auteur de l’étude. Un constat bien plus important dans les métiers ayant un véhicule pour outil de travail, comme infirmière à domicile ou artisan.
L’un des renoncements les plus difficiles concerne les soins. 18 % des automobilistes ont déjà reporté ou renoncé à un rendez-vous médical à cause du prix du carburant. « On peut mettre sa santé en danger en prenant le risque que notre état empire », alerte Rémi Branco. Il ajoute que la santé mentale est aussi concernée, car on rendra moins visite à une personne isolée en milieu rural. La vie sociale est nettement réduite.
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