Soupçon de peste en Russie : Moscou minimise, l'OMS demeure dans le flou
Que s'est-il passé en Sibérie ? Le flou règne autour du décès de la laborantine de 28 ans, Daria Chipilova, qui travaillait à l'Institut de recherche sur la peste d'Irkoutsk (Sibérie), dans le sud-est de la Russie .
Cette dernière serait décédée d'une pneumonie, selon les autorités du pays.
Sauf que les spéculations vont bon train.
Dès le lundi 5 octobre, le gouverneur d’Irkoutsk, Igor Kobzev, a réfuté les suspicions d’un cas de peste chez la scientifique, qui aurait pu contracter la maladie après avoir cassé une éprouvette lors d’une manipulation.
Alors que le président américain Donald Trump a estimé qu'il ne pensait pas que ce décès soit lié à une arme biologique, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète, elle, de ne pas disposer d'une "vue d'ensemble" de la situation en Russie.
"D’incubation courte (24 à 48 heures), la peste pulmonaire est létale en quelques jours dans la plupart des cas en l’absence de traitement antibiotique initié rapidement", décrypte l'épidémiologiste Antoine Flahault dans L'Express .
Par mesure de précaution, plusieurs hôpitaux de la région d’Irkoutsk ont été placés en quarantaine, dont celui de Chelekhov, où Daria Chapilova a été admise pour des problèmes pulmonaires.
Au total, quelque 200 personnes ont été confinées.
"Au 7 octobre 2026, le suivi médical de plus de 90 % des personnes contacts était achevé.
Aucun problème de santé lié à une maladie infectieuse n'a été détecté, et les résultats de près de 5 000 analyses de laboratoire n'ont révélé aucun micro-organisme pathogène dangereux", observe l'autorité sanitaire russe.
Mais ces déclarations rassuristes ne suffisent pas à apaiser les experts mondiaux de la santé.
Le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus , a martelé, mercredi, qu'une "évaluation complète des risques" n'avait pas été possible, ajoutant que "le partage d'informations en temps opportun, complet et transparent, conformément aux réglementations internationales, est essentiel pour clarifier les rapports contradictoires et permettre une évaluation précise des risques pour la santé publique".
Interpellée par l'OMS, l'autorité sanitaire russe a déclaré ce jeudi que les informations selon lesquelles une deuxième personne était tombée malade étaient fausses.
Des informations manquantes Parmi les informations souhaitées par l'OMS : la séquence génomique du virus ou de la bactérie en cause.
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