Mondial de l’Auto : face à l’offensive chinoise, l’industrie automobile européenne prépare sa riposte pour ne pas perdre la bataille de l’électrique
Le 12 octobre prochain au Mondial de l’Auto de Paris, les géants comme Volkswagen, Stellantis ou Mercedes feront face à la déferlante chinoise. En pleine crise, l’industrie européenne se mobilise avec des modèles plus compétitifs.
Cent mille emplois supprimés chez Volkswagen d’ici à 2030, quatre usines allemandes menacées, plus de 500 000 voitures de capacités excédentaires en Europe : le géant de Wolfsburg résume la crise d’une industrie longtemps reine du Vieux Continent. Il n’est plus un cas isolé. Mercedes menace de fermer également deux sites allemands. Même les géants sont rattrapés par les coûts. Fin septembre, Stellantis a placé pour sa part quatre usines françaises au chômage partiel , notamment à cause des difficultés d’approvisionnement en batteries de son fournisseur ACC .
C’est dans ce climat que s’ouvre, le 12 octobre, le Mondial de l’Auto à Paris . Sur les 49 stands, 21 seront occupés par des marques chinoises. En 2025, plus d’1 million de voitures fabriquées dans l’empire du Milieu ont été importées dans l’Union européenne, soit 7 % du marché et une électrique sur cinq. Leur part de vente est même passée à 12 % en septembre.
Il serait pourtant imprudent de transformer le Mondial en veillée funèbre. Plusieurs constructeurs présenteront des petites électriques plus abordables, parfois inspirées de modèles populaires d’hier, comme la 2CV de Citroën . Il faut aussi redonner envie d’acheter européen.
Il était temps. BYD, Geely, Chery, Xpeng ou Leapmotor ne proposent plus seulement des voitures moins chères. Ils développent plus vite, maîtrisent batteries et logiciels et renouvellent leurs gammes à un rythme redoutable. Surtout, ils ont fait de l’électrique un produit de masse, quand l’Europe en a trop souvent fait un produit premium.
La riposte a commencé. Volkswagen veut réduire ses coûts et accélérer ses développements. Renault s’est allié à Geely , Stellantis à Leapmotor . Dacia prépare le retour en Europe de la production de sa Spring, aujourd’hui fabriquée en Chine. Tout un symbole : produire en Europe doit redevenir une force. Ces alliances disent aussi que les Européens ne pourront pas tout rattraper seuls. Ils doivent choisir leurs batailles, partager certains investissements et conserver les technologies stratégiques.
Reste Bruxelles. Après des années d’empilement des normes, l’Union tente de conjuguer transition écologique et défense de son industrie. Le projet porté par Stéphane Séjourné , qui veut conditionner certaines aides publiques à un niveau élevé de composants produits en Europe, marque un changement de doctrine.
Christophe Périllat, le patron de Valeo, le rappelle dans u ne interview donnée à Challenges : les grandes régions du monde imposent déjà qu’une voiture vendue chez elles soit largement produite localement. Le groupe Renault compte lui investir plus de 10 milliards d’euros en France au cours des cinq prochaines années dans les véhicules électriques « si le contexte social et politique en France le permet ».
Le Mondial de l’Auto n’est donc qu’un prétexte. Derrière les nouveaux SUV chinois exposés Porte de Versailles se joue une bataille beaucoup plus vaste. L’Europe a perdu celle du moins cher.
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