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Dix ans après le démantèlement de la jungle de Calais : des migrant·e·s toujours plus vulnérables

France 24 ·
Dix ans après le démantèlement de la jungle de Calais : des migrant·e·s toujours plus vulnérables

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A retrouver dans l’émission Temps de lecture 5 min En octobre 2025, le gouvernement français ordonnait le démantèlement de la "jungle" de Calais, bidonville installé dans le Nord de la France, face à la Manche et au Royaume-Uni, et destination finale de milliers de migrants venus d’Afrique et du Moyen-Orient. Une décennie plus tard, la population migrante n’a pas disparu mais ses conditions de vie se sont considérablement dégradées, pour les femmes et les enfants plus particulièrement, comme l’expliquent Marie-Charlotte Fabié, directrice Safe Passage International France, qui s’occupe de la réunification des familles, et Maïwenn Henriquet, référente santé de Médecins du Monde, dont le travail est présenté dans le documentaire "À la frontière des regards" de Charles-Henry Frizon.

Depuis le printemps 2025, la population migrante qui fréquente la côte située entre Calais et Dunkerque a changé et s’est considérablement féminisée . "En 2023, on comptait 8,8 % de femmes ; en juillet 2026, elles étaient 45 %", constate Maïwenn Henriquet. Des femmes plus nombreuses mais toujours aussi invisibles, selon Marie-Charlotte Fabié : le "jungle" de Calais a disparu, mais les candidat·es au départ pour l’Angleterre ne sont pas moins nombreux·ses, au contraire.

Les causes de cette féminisation de la population migrante ne sont pas clairement établies. Sans doute est-ce le résultat d’un durcissement des lois sur l’accueil des migrants dans l’UE qui remet sur la route des personnes qui s’étaient fixées ailleurs, hasardent les ONG de la région, sans en être certaines.

En revanche, face à la politique française du " zéro point de fixation " et aux descentes régulières de la police qui détruit leurs campements de fortune, les migrant·es se sont enfoncé·es dans les bois pour se dissimuler aux regards. Une autre raison les pousse à se cacher : la crainte qu’on les renvoie vers le pays européen où leurs empreintes digitales ont été relevées, en vertu du règlement de Dublin .

En se cachant, les femmes se trouvent davantage isolées et plus vulnérables aux violences, des viols à la prostitution forcée . Rapidement repérées, les femmes seules sont de toute façon des proies privilégiées pour toutes sortes d’exploitations . Aller aux toilettes la nuit est si dangereux que les associations distribuent des couches aux femmes pour y faire leurs besoins lorsque le soleil s’est couché. Les agressions à leur encontre sont multiples et incessantes, "leurs droits sont bafoués tous les jours", estime même Solidarités International.

Peur des agressions, peur "du gendarme" , les femmes n’osent pas non plus se faire voir ou connaître des associations. Malgré des besoins sanitaires particuliers, pour gérer le cycle menstruel ou les grossesses (désirées ou non), les migrantes ont tendance à se faire très discrètes et à échapper aux statistiques.

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