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Au bord de l’extinction en 1995, le kākāpō, un perroquet néo-zélandais est désormais un immense motif d’espoir

Le HuffPost ·
Au bord de l’extinction en 1995, le kākāpō, un perroquet néo-zélandais est désormais un immense motif d’espoir

Il a été conduit au bord de l’abysse, sauvé in extremis , couvé pendant des décennies, et rêve désormais d’un avenir paisible. Le kākāpō , de son nom maori, ou perroquet-hibou en français, a accédé à la célébrité mondiale en 2009, au détour d’un reportage animalier de la BBC dans lequel l’un de ses représentants tentait de s’accoupler… avec le crâne du journaliste en train de le décrire. Mais depuis le 1er septembre, ce gros oiseau néo-zélandais aux belles teintes de vert est surtout un exemple mondial de protection de la biodiversité .

Ce mardi, le DOC, le ministère de la Conservation de la Nouvelle-Zélande , a effectivement annoncé une avancée décisive : il y a désormais 325 kākāpō en vie. Un nombre apparemment infime, et pourtant largement suffisant pour se réjouir et faire les gros titres de la presse à travers le monde.

Car le kākāpō - un mot qui signifie perroquet nocturne - est un survivant qui a frôlé l’extinction. Selon le DOC, cela faisait 75 ans qu’il n’y en avait pas eu autant. Au plus bas, en 1995, il ne restait que 51 spécimens, dont 20 femelles.

De quoi craindre la disparition pure et simple de cette espèce hors du commun, fruit de l’isolement total de la Nouvelle-Zélande depuis la dérive des continents il y a 30 millions d’années ; le perroquet le plus lourd du monde , végétarien et nocturne, incapable de voler mais expert de la navigation dans le noir grâce à des moustaches sensorielles, qui se reproduit tous les deux à quatre ans quand sa plante préférée daigne donner suffisamment de fruits et qui attire sa partenaire grâce à un « boom » digne d’une soirée électro. Des caractéristiques qui font dire à Andrew Digby , l’un des plus grands spécialistes de l’espèce, qu’il se rapproche davantage d’une sorte de blaireau ailé que de n’importe quel oiseau.

Un animal au service duquel de formidables efforts ont été déployés depuis trois décennies. À partir de 1995, et après une série de tentatives infructueuses qu’elles soient individuelles ou officielles depuis 1894, le DOC a mis en place le « Kākāpō Recovery Programme ». Soit un ensemble d’actions visant à permettre à l’espèce de ne pas sombrer en facilitant la reproduction, en évitant l’appauvrissement génétique, et en aidant les oiseaux à trouver de la nourriture quand leur environnement ne leur en fournit pas suffisamment.

Transport de sperme par drones jusqu’aux îles où vivent les dernières populations, mise sous couveuse des œufs fécondés, attribution d’œufs à des femelles expérimentées mais sans poussin, éradication des prédateurs importés par la colonisation européenne au milieu du XIXe siècle, puçage de chaque oiseau (qui portent d’ailleurs tous un nom - notamment Sirocco , la fameuse star de la BBC) pour ne jamais perdre leur trace et surveiller leur état de santé… Tous les moyens ont été bons pour tenter d’éviter le pire à un animal qui prospérait jusqu’à l’arrivée de l’Homme sur ses terres du bout du monde (les premiers Polynésiens ancêtres des Maoris les ont chassés il y a 700 ans, puis les différentes vagues de peuplement ont apporté prédateurs et déforestation).

Et cela donne des résultats.

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