Polémique Haddad-Panot : LFI ne dénonce que les antisémites morts
Qu’on se le tienne pour dit, chez La France insoumise , on sait où trouver les antisémites : au cimetière.
Mathilde Panot, présidente du groupe à l’Assemblée nationale, nous l’a rappelé le 10 septembre.
En réaction aux propos tenus par Benjamin Haddad, ministre de l’Europe qui, au micro de Sud Radio, reprochait à LFI "d’installer un climat antijuif", la députée s’est aussitôt fendue d’un tweet lui reprochant d’avoir fait l’"éloge" de l’écrivain Paul Morand ; tout à la fois fervent antisémite rallié au régime de Vichy, et figure de la littérature de l’entre-deux-guerres.
Quelques jours plus tôt, sur X, Benjamin Haddad, issu d’une famille juive séfarade tunisienne, avait qualifié Morand de "plus grand chroniqueur des années folles", citant deux recueils de nouvelles datant de 1922 et 1923.
La France insoumise est décidément incollable sur l’Histoire de la haine des juifs.
Quand, à l’approche du centenaire de l’armistice de 1918, Emmanuel Macron avait qualifié Philippe Pétain de "grand soldat" de la Première Guerre mondiale, Jean-Luc Mélenchon s’était empressé de convoquer le funeste CV du chef du gouvernement de Vichy car, avait-il dit alors, l’Histoire de France n’est pas un "jouet".
Episode que Mathilde Panot ne manqua pas de rappeler quatre ans plus tard, lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv.
L’Express se souvient aussi de la saillie du chef des insoumis lors de la publication d’un entretien, dans nos colonnes, dans lequel Emmanuel Macron jugeait "absurde" de faire comme si l’écrivain Charles Maurras, antisémite notoire, ne devait plus exister.
"Un signal à l’extrême droite", selon le Lider Maximo.
Au royaume des morts, les borgnes sont rois Certes, les rappels historiques ne sont jamais inutiles.
Il suffit, pour s’en convaincre, de repenser aux chiffres vertigineux de l’Ifop (2022), selon lesquels un jeune sur deux pense que le génocide des juifs a fait moins de cinq millions de victimes, ou aux 20 % de jeunes de 16 à 24 ans qui, selon l’institut OpinionWay (2024), ne savent pas ce qu’est la Shoah.
On pourrait donc en conclure qu’un parti se montrant intransigeant avec l’Histoire, quoi qu’on en pense et quand bien même ces piqûres de rappel s’inscrivent dans une tentative de décrédibilisation de l’adversaire, mérite de voir ses efforts salués.
Mais il y a les morts et il y a les vivants.
Or la fermeté des insoumis en matière d’antisémitisme s’arrête, semble-t-il, aux portes du cimetière.
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