Birmanie : "Les réfugiés rohingyas ne veulent pas rester dépendants de l’aide humanitaire pour toujours"
Le 25 août 2017, une opération de nettoyage ethnique a été lancée par l’armée birmane et des extrémistes alliés dans le nord de l’Arakan contre les Rohingyas. Depuis des décennies, cette minorité musulmane est victime de discrimination et de répression dans ce pays à majorité bouddhiste. Privés de la nationalité selon la loi sur la citoyenneté de 1982, les Rohingyas représentent aujourd'hui, l’une des plus grandes populations apatrides au monde.
L e 25 août 2017, Mohammed Showife militant et membre de la communauté Rohingya, a vu des amis et une partie de ses proches mourir. Il a entendu les hurlements des femmes violées avant d'être massacrées. Quelques jours plus tard, Mohammed Showife s'est réfugié au Bangladesh avec sa famille. Depuis, il se bat pour son peuple et sa survie. En novembre 2017, il a créé avec un petit groupe, l’Arakan Rohingya Society for Peace and Human Rights (ARSPHR). Objectif : défendre la justice, les droits, la paix et un rapatriement digne des Rohingya vers leur patrie, l’Etat de l'Arakan, au nord de la Birmanie.
En 2021, cet activiste a publié un poème, Myanmar Bad Luck Day, en réaction au coup d’État militaire. Cette publication lui a valu de se retrouver dans le collimateur de la junte militaire. Nommé responsable du Comité exécutif de l’ARSPHR depuis l'assassinat de son prédécesseur, cet enseignant a été victime d'une tentative d'enlèvement en 2022. Régulièrement menacé de mort en raison de son engagement politique, il a dû quitter le camp de réfugiés pour s'installer dans une maison située à proximité. En 2025, Mohammed Showife a été la cible d'une tentative d'assassinat. Malgré son engagement en faveur de la paix et de la justice, il vit désormais dans la peur constante d’être à nouveau attaqué. Aujourd'hui, il partage avec Marianne son histoire et celle de son peuple, victime d'un véritable génocide.
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