Diplomatie. Mohammed ben Salmane reçu par Emmanuel Macron : le rapprochement assumé entre Paris et Riyad
En visite officielle en France depuis dimanche, le controversé prince saoudien, auparavant marginalisé après l'assassinat de Jamal Khashoggi, est reçu à l’Élysée pour évoquer les crises géopolitiques mais surtout un renforcement des liens économiques.
Après un début de visite à Paris consacré dimanche à l’e-sport, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane retrouve lundi Emmanuel Macron pour une journée largement consacrée aux crises géopolitiques et au renforcement des liens économiques, illustrant le rapprochement assumé entre Paris et Riyad.
De l’Iran au Liban en passant par l’énergie et la défense, celui qui est surnommé « MBS » est devenu un interlocuteur incontournable au Moyen-Orient. Paris entend préserver son influence dans la région tout en développant une relation économique appelée à prendre de l’ampleur entre les deux pays.
Dimanche, aux côtés du président français, le prince héritier saoudien a assisté à Paris à la finale de l’Esports World Cup, organisée pour la première fois hors d’Arabie saoudite. Lundi, les deux dirigeants présideront la première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite d’Emmanuel Macron à Riyad fin 2024.
Gaza et la solution à deux États pour Israël et la Palestine, le Liban, la Syrie ainsi que la recomposition des équilibres au Moyen-Orient seront au cœur des discussions. Paris suit avec attention le renforcement des liens sécuritaires de Riyad avec d’autres puissances, notamment après l’accord de défense conclu début août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.
Mohammed ben Salmane, qui dirige de facto le royaume saoudien, a parcouru en quelques années un chemin spectaculaire : marginalisé après l’assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul, il est désormais un partenaire stratégique courtisé par les grandes puissances.
En 2021, les services de renseignement américains avaient conclu que le prince héritier avait approuvé une opération visant à capturer ou tuer le journaliste. Celui-ci a toujours nié avoir ordonné son meurtre. Sa réception à l’Élysée en juillet 2022 avait suscité la colère des ONG de défense des droits humains et de plusieurs opposants.
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