Feux de forêt : réclusion à perpétuité, lourdes amendes, que risquent les pyromanes ?
Flavien Groyer Publié le jeudi 16 juillet 2026 à 12h21 Mis à jour le dimanche 23 août 2026 à 14h49
Alors que près de 500 personnes soupçonnées d'avoir allumé des incendies avaient été arrêtées depuis le début de l'été, ICI fait le point sur les peines encourues par les pyromanes.
Un total de 474 personnes ont été interpellées en France depuis le début de l'été , soupçonnées d'avoir provoqué des incendies, avait annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lors de son dernier bilan, mi-aôut, alors que de nombreux feux de forêt ont ravagé au moins 120.000 hectares cette année. Emmanuel Macron avait d'ailleurs prévenu qu'il n'y aura "aucune tolérance" pour les responsables de ces incendies .
Que risquent-ils ? Y a-t-il une différence entre incendie volontaire et involontaire dans le Code pénal ? ICI fait le point sur les peines que peut infliger la justice aux incendiaires, parfois qualifiés de pyromanes .
La destruction volontaire "de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui" est passible de quinze ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros d'amende si l'incendie est de " nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement", peut-on lire dans le Code pénal .
Les peines sont portées à trente ans de réclusion criminelle et à 200.000 euros d'amende dans plusieurs cas et notamment si l'incendie est allumé en bande organisée et s'il a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) pendant plus de huit jours. Cette peine s'applique également lorsque les faits sont commis par des profils aux professions bien spécifiques : magistrat, militaire de la gendarmerie nationale, fonctionnaire de la police nationale, des douanes ou de l'administration pénitentiaire, toute autre personne dépositaire de l'autorité publique, personne chargée d'une mission de service public, sapeur-pompier ou marin-pompier et enfin la personne propriétaire ou utilisatrice du bien.
Mais les peines sont alourdies si l'incendie blesse ou provoque la mort. Cela concerne tous les profils et toutes les professions. Ainsi, les peines sont portées à vingt ans de réclusion criminelle et 200.000 euros d'amende si le feu "a entraîné une incapacité totale de travail pendant huit jours au plus" pour la victime. En cas de mutilation ou d'infirmité permanente, l'accusé risque la perpétuité et 200.000 euros d'amende. Si une personne décède, les pyromanes encourent la réclusion criminelle à perpétuité et à 150.000 euros d'amende. Selon l'Observatoire des forêts françaises , trois incendies sur dix sont liés à des actes de malveillance.
La justice fait une différence entre les feux allumés de manière délibérée ou non. Les incendies involontaires seront moins sanctionnés. Les peines maximales sont portées à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende si l'incendie expose les riverains à des dommages. En cas de blessures ou de décès, les peines restent lourdes. Elles sont portées à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende si la victime s'est vu prescrire une ITT d'au moins huit jours.
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