Mort de Dolly Parton: la communauté LGBT+ pleure son icône libératrice
Dans un bar gay de Washington, Cameron Austin a coiffé un chapeau et mis des bottes country en hommage à la chanteuse américaine Dolly Parton , décédée mardi et dont la liberté a inspiré de nombreux membres de la communauté LGBT+ aux États-Unis.
Le parcours et le style de la reine de la country, qui a su affirmer sa personnalité et son goût du strass malgré ses origines modestes et rurales, lui a valu de devenir de longue date une icône de la communauté LGBT+, un rôle qu'elle a très volontiers endossé.
En 2012, la star, par ailleurs immensément populaire dans les milieux les plus conservateurs, avait confié qu'elle avait secrètement participé à un concours de sosies drag queen d'elle-même... et perdu.
Dolly Parton avait ajouté : "C'est une bonne chose que je sois une fille, sinon je serais une drag queen".
En 2019, dans une autre émission télé, elle s'était amusée à changer les paroles de son tube Jolene en "Drag queen, drag queen".
Et quatre ans plus tard, elle était montée au créneau pour faire échouer un projet visant à criminaliser des spectacles de drag queens au Texas.
Pour Cameron Austin, Dolly Parton "a déjoué les attentes à bien des égards" et eu un rôle libérateur pour bien des personnes LGBT+.
"Pour beaucoup d'entre qui nous qui ont des familles avec qui on n'a pas forcément les meilleures relations, parce qu'elles sont du Sud (conservatrices, ndlr) ou religieuses, le fait que quelqu'un puisse venir de ces mêmes milieux et faire preuve d'ouverture d'esprit nous fait aspirer à quelque chose" d'autre, confie la jeune femme.
En 1991, Dolly Parton avait d'ailleurs intitulé une chanson Family , dans laquelle elle soutenait la communauté gay, que l'épidémie de sida contribuait alors tout particulièrement à stigmatiser.
Interrogée sur le sujet par CNN, Dolly Parton, qui par ailleurs évitait toute prise de position politique, avait totalement assumé ses sympathies pour la cause LGBT+, n'hésitant pas à faire référence à la Bible.
"Les gens sont ce qu'ils sont et je ne suis pas Dieu, je ne suis pas un juge. Nous sommes censés nous aimer les uns les autres pour qui nous sommes et pour ce que nous sommes", avait-elle souligné.
Pour Nadine Hubbs, auteure du livre Rednecks, Queers, and Country Music et professeure à l'Université du Michigan, cette foi en l'amour du prochain a été forgée par l'éducation religieuse de la chanteuse, dont le grand-père était pasteur pentecôtiste.
Ce bagage lui a aussi fourni les références pour aider le Sud profond à entendre son message, estime-t-elle.
"C'est une diva", conclut avec reconnaissance Brigitte Bandit, une drag queen de 34 ans vivant à Austin (Texas), qui a souhaité n'être identifiée que par son nom de scène.
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