Dîners avec des députés LFI, management brutal... : le syndicalisme lycéen, pépinière de la gauche radicale
Une foule en délire.
Téléphone en main, une centaine d'adolescents hurlent et se ruent vers leur idole.
Selfie par-ci, selfie par-là : sous une pluie de flashs, Louis Boyard apparaît.
Bousculé, le député insoumis peine à tenir sur ses appuis.
"C'est un ange ou quoi ?", s'amuse un jeune sur Snapchat.
Echarpe tricolore en bandoulière, l'élu prodigue conseils et encouragements aux élèves du lycée Louise Michel de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), bloqué depuis plusieurs jours.
"Bravo ! Bravo ! Bravo !", lance le parlementaire aux adolescents, un sourire jusqu'aux oreilles.
"Si les lycéens et les étudiants sortent ensemble dans la rue, le gouvernement ne pourra plus vous arrêter, et il sera obligé de vous écouter." L'insoumis sait de quoi il parle : quand il était à leur place, lui-même a organisé plus d'un blocage.
C'est notamment grâce à ce savoir-faire que Louis Boyard a gravi les échelons de la politique française.
Ancien président de l'Union nationale lycéenne (UNL), alors syndicat majoritaire, le jeune militant s'est vite imposé sur les plateaux de télévision, jusqu'à entrer au Palais-Bourbon en 2022, à seulement 21 ans.
Le parcours de celui qui se classe parmi les plus jeunes législateurs de France n'a rien d'une anomalie.
Députés, élus locaux, directeurs de campagne… Nombre d'anciens de l'UNL ont connu une ascension politique.
Pour ces jeunes de 15 à 18 ans, le syndicalisme lycéen a été une "école de la politique", comme le résume une ancienne.
L'aubaine n'a pas échappé aux partis de la gauche radicale, dont cadres et militants se sont déplacés à travers la France pour "former" et "recruter" ces adolescents.
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