Percée de l'AfD en Allemagne : 80 ans de mémoire et 48 heures de pseudo-indignation en France
43,8 %.
Jamais l’AfD n’avait atteint un tel niveau lors d’un scrutin régional en Allemagne.
Quatre-vingts ans après la chute du nazisme, un parti dont l’un des anciens chefs de file affirmait que tout membre des SS "n’était pas automatiquement un criminel", rassemble près d’un électeur sur deux en Saxe-Anhalt.
Trois sièges seulement le séparent de la majorité absolue.
Et pourtant, l’événement n’aura occupé l’espace médiatique que 48 heures.
Quelques réactions indignées, avant d’être emporté par l’actualité suivante.
A force de traiter chaque nouvelle percée de l’extrême droite comme une étape presque attendue de la vie politique européenne, l’exceptionnel finit par devenir une habitude.
Depuis 1945, le rejet absolu du nazisme fait partie intégrante d’un travail de mémoire colossal de l’est à l’ouest du pays.
Et pourtant, il n’aura fallu que treize années d’existence à un parti néonazi pour accéder aux portes du pouvoir.
Et ce signal d’alerte ne s’arrête pas au Rhin.
C’est toute l’Europe qu’il doit réveiller.
En France, nous avons assisté à 48 heures de pseudo-indignation alors qu’il en faudrait bien plus pour analyser les 302 mesures du programme délirant du parti.
Un programme qui tient en quatre mots : "remigration", falsification, ségrégation, capitulation.
La "remigration" d’abord.
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