58 arrestations et 263 suspects, Interpol frappe un réseau de cybercriminels dans 22 pays
Les polices de 22 pays ont arrêté 58 personnes, sur 263 suspects identifiés, au terme d’une opération internationale de huit mois contre des réseaux criminels d’Afrique de l’Ouest, dont Black Axe, spécialisés dans l’escroquerie sentimentale et la fraude à l’investissement.
De novembre 2025 à juin dernier, les polices de 22 pays répartis sur six continents ont mené, sous la coordination d’Interpol, l’opération Jackal IV contre Black Axe et d’autres confréries criminelles originaires d’Afrique de l’Ouest, responsables d’escroqueries sentimentales , de fraudes à l’investissement, de compromissions de messagerie professionnelle , à savoir l’usurpation de l’identité d’un dirigeant ou d’un fournisseur pour détourner un virement bancaire, et de cas de sextorsion visant des mineurs dès 14 ans, à savoir l’extorsion d’argent après l’obtention d’images intimes.
Les autorités ont arrêté 58 personnes et identifié 263 suspects au total.
Des étudiants de l’université du Bénin, dans l’État nigérian d’Edo, ont fondé Black Axe en 1977, sous le nom de Neo-Black Movement of Africa, une confrérie non violente à l’origine. Le groupe a ensuite recruté des informaticiens qualifiés et délaissé les escroqueries par e-mail les plus rudimentaires au profit de fraudes plus sophistiquées, comme la compromission de messagerie professionnelle. Black Axe compte aujourd’hui environ 30 000 membres, répartis en seize zones recensées en Europe, sept en Asie, six en Amérique du Nord, quatre en Afrique et deux en Amérique du Sud. Le groupe est implanté, entre autres, en France, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada, six des 22 pays engagés dans l’opération Jackal IV. Au-delà de la cybercriminalité, Black Axe tire l’essentiel de ses revenus, estimés à plus de 4,3 milliards d’euros par an , du trafic de stupéfiants, de l’extorsion et de la traite de femmes nigérianes vers l’Italie et la France.
L'Afrique du Sud a enregistré le bilan le plus lourd de l’opération Jackal IV, avec 39 arrestations, sept sites perquisitionnés à Johannesburg, environ 2,3 millions d’euros saisis et 257 comptes bancaires gelés, tandis qu’en Argentine, les enquêteurs ont arrêté dix-sept membres d’un réseau de type crime-as-a-service, ce modèle de location d’outils numériques entre criminels, chargé de fournir noms de domaine et services de blanchiment à 196 autres individus identifiés, qui n’ont pas tous été interpellés à ce stade de l’enquête. En Roumanie, onze personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une escroquerie à l’investissement estimée à 143 millions d'euros de gains volés et blanchis, avant la saisie de 330 000 euros en espèces et cryptomonnaies ainsi que de six biens immobiliers, et l’Italie a identifié un individu supplémentaire au terme d’une opération de blanchiment portant sur 845 000 euros, répartis en 560 transactions et vingt instruments financiers.
Le bilan de Jackal IV est inférieur à celui de sa précédente édition Le Centre de lutte contre la criminalité financière et la corruption d’Interpol a piloté Jackal IV. Et au lieu d’arrêter les seuls exécutants des réseaux, l’organisation a remonté leurs circuits financiers.
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