"La seule chose qui intéresse les trois opérateurs, c'est de récupérer le chiffre d'affaires de SFR": le rachat de l'opérateur pourrait se transformer "en casse sociale monstrueuse" avec deux tiers des emplois menacés
La maison-mère de SFR, Altice France, a conclu en juin un protocole d'accord avec Orange, Free et Bouygues Telecom pour la vente de l'opérateur, une opération à plus de 20 milliards de dollars dont les conséquences pour l'emploi pourraient être lourdes. Chez SFR, le climat est à la préoccupation. Sa vente menacerait deux tiers des 8.000 emplois de l'opérateur, raison pour laquelle les syndicats redoutent "une casse sociale monstrueuse". Abdelkader Choukrane, élu au CSE et secrétaire général du syndicat majoritaire Unsa décrit à l'AFP l'"inquiétude généralisée" et grandissante parmi les salariés de l'entreprise, depuis que sa maison mère, Altice France, a conclu début juin un protocole d'accord avec Bouygues Telecom, Free et Orange pour la vente de l'opérateur à 20,35 milliards d'euros.
Le consortium formé par les trois opérateurs a officiellement présenté les détails de la cession, une opération estimée à plus de 20 milliards d'euros. Selon les syndicats, il a aussi validé l'ouverture de négociations sur le cadre des discussions à venir. Dans le détail, selon nos confrères de Frandroid , Bouygues Telecom reprendrait 2.300 salariés, Orange un peu moins de 300 et Free environ 50. Concernant les boutiques, 120 sur 293 pourraient être reprises, soit moins de la moitié. Au total, deux tiers des employés de SFR voient donc leur emploi être menacé.
L'État pourrait-il intervenir pour préserver les emplois? "Nous avons sollicité le ministère du Travail et celui de l’Économie. L’un comme l’autre nous ont indiqué qu’il ne s’agit pas de leur périmètre d’intervention", déplore auprès de Libération Olivier Louise, secrétaire général de l’union CFTC de Bouygues Telecom. Ce dernier regrette que les salariés de SFR "disposent en tout et pour tout d’une plateforme téléphonique".
Les quelque autres milliers de salariés SFR, qui rejoindront une structure commune gérée par les trois acheteurs avant la disparition définitive de la marque au carré rouge, bénéficieront quant à eux d'une garantie de l'emploi accordée jusqu'à 2029 par les acheteurs.
Mais le délai est jugé trompeur par les représentants du personnel, car il couvre la période d'évaluation du dossier par les autorités de concurrence, pendant laquelle l'opération ne sera pas encore réalisée. Abdelkader Choukrane regrette lui que les salariés n'aient "aucune information sur l'avenir" après 2029. Début juin, le consortium avait indiqué que la transaction "pourrait intervenir au second semestre 2027", soit environ un an à un an et demi avant la fin de la garantie.
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