Cyberattaques : demain, tous hackés ? La nouvelle bataille de l’identification
Le phénomène touche n’importe qui, même les plus aguerris.
Benoît Grünemwald, expert en cybersécurité au sein de l’entreprise Eset , est une victime parmi d’autres d’une fuite de données.
Un jour, il est descendu dans le terrier pour le vérifier : sur le " dark Web ", là où les hackers se réunissent et fixent le prix de leurs butins.
Ce spécialiste des attaques informatiques avait eu vent d’une faille sur un site de réservation de voyages où il avait effectué une transaction.
Il y retrouve le numéro de ses billets, le nom des passagers - sa famille -, sa destination, la durée exacte de son séjour, son adresse IP… Et finit par se questionner : y a-t-il beaucoup d’autres informations qui circulent sur son compte, livrées aux plus offrants ? Sans doute, vu le degré de numérisation de nos vies.
A minima des mots de passe, des adresses postales, des numéros de téléphone.
Et des éléments plus sensibles encore.
Des plateformes comme fuitesinfo.fr ou bonjourlafuite.org recensent quasi quotidiennement les brèches de sociétés privées - Intermarché et SFR rien que cet été - et de services administratifs et gouvernementaux.
Une étude de la société de cybersécurité Check Point, datée d’avril 2026, rapporte que ces derniers sont devenus la principale cible, avec pas moins de 2 200 attaques par semaine en moyenne, dans le monde.
La France, fortement numérisée, est une victime récurrente.
"Nous avons un nouveau service : France Passoire", ironise la sénatrice Nathalie Goulet, dressant la liste des fuites ayant touché l’administration.
Ces derniers mois, le fichier bancaire Ficoba, France Titres (l’ANTS) ainsi qu'un prestataire de Santé publique France ont subi des piratages importants avec, à la clé, des millions de données critiques libérées dans la nature… Dernier exemple en date, au retentissement national : un groupe de hackers, surnommé "ZeroBytes", a revendiqué une extraction de données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) , concernant 678 000 particuliers et professionnels.
Un "hack" des impôts, domaine régalien par excellence.
David Amiel , le ministre des Comptes publics, a présenté ses excuses.
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