Livres à découvrir : l’Arctique en majesté avec Olivier Truc et Claudie Gallay
On se souvient de l’immense succès des Guerriers de l’hiver d’Olivier Norek, prix Jean Giono 2024 (près de 550 000 exemplaires tous formats confondus) consacré à la guerre soviético-finlandaise du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940.
C’est à un pays limitrophe, la Suède, toujours aux confins de l’Arctique, que s’attaque aujourd’hui un autre grand du polar, Olivier Truc , signataire de Base Toundra (Métailié, sortie le 4 septembre).
Avec cette même capacité à relater le froid et les conditions extrêmes de ces contrées inhospitalières, notamment en temps de guerre.
1939, alors que l’Europe s’embrase, le royaume de Gustave V se déclare neutre.
Une neutralité toute relative comme va le découvrir le capitaine Stig Blumfors, envoyé sur un petit aérodrome militaire du fin fond de la Laponie mis au secret.
Et comme va aussi l’apprendre le parachutiste français Guy Puech dont la compagnie vient effectuer des exercices en février 2023, sous le regard acéré de Maria-Pia Tedelius du régiment de dragons du Norrland, alors que la Suède a demandé son adhésion à l’Otan.
Olivier Truc joue habilement de cette double temporalité, aussi instructive sur les compromissions pronazies suédoises d’hier que sur les actuelles exactions de la Russie de Poutine.
D’un chapitre à l’autre, on navigue ainsi entre les manœuvres en faveur de l’Allemagne du major Dager Trulsson, chef de Base Toundra et grand admirateur de "l’as de la guerre" Hermann Göring, et les embûches à l’adhésion à l’Otan (manifestations pour le maintien de la neutralité, chantage de la Turquie vis-à-vis des Kurdes réfugiés en Suède).
Avec, en prime, un meurtre (d’un pilote français prêt à dénoncer un trafic d’or volé aux Juifs), une double histoire d’amour et, surtout, un focus sur les Samis éleveurs de rennes.
Des Samis aux Inupiat, il y a plusieurs mers, mais un même climat, glacial et une même détermination des autochtones.
C’est à l’hiver 1925, à Nome, ville côtière à une encablure du cercle polaire, en Alaska, que Claudie Gallay a planté son nouveau roman, La Promesse des chiens (le Cercle ouvert).
Et là encore on frissonne, et on assiste à une éprouvante course à traîneaux contre la montre (de 1 000 kilomètres) pour acheminer un précieux sérum afin de sauver la population d’une épidémie de diphtérie.
Bravoure, héroïsme, solidarité, … L’auteure des Déferlantes (2008), situé aux confins du Cotentin, confirme avec ce 13 e roman son doigté pour retranscrire les sentiments et les situations les plus intenses.
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