Chine-Taïwan, la guerre des puces : comment Pékin tente de piller les secrets du géant TSMC
Située dans le parc scientifique de Hsinchu, la Silicon Valley taïwanaise, à une trentaine de minutes en train à grande vitesse au sud-ouest de la capitale Taipei, le site s'apparente à une forteresse.
Devant la façade ornée du sigle rouge "TSMC" , des caméras et des gardes scrutent les passants.
Seuls les employés et les fournisseurs peuvent franchir les enceintes du bâtiment, qui héberge à la fois le siège social et l'une des usines du leader mondial des semi-conducteurs.
A l’intérieur le contrôle est strict.
Les salariés ne peuvent utiliser que les téléphones portables fournis par l’entreprise.
Et les documents papier ont un marquage magnétique pour éviter qu'ils ne sortent clandestinement.
Il faut dire que le groupe, qui pèse plus de 40 % de l'indice phare de la Bourse de Taïwan, détient un précieux secret : la recette des puces les plus sophistiquées de la planète .
Ces composants équipent les téléphones et ordinateurs haut de gamme, les processeurs pour centres de données ou encore des matériels militaires, mais ils sont surtout devenus essentiels au développement de l’intelligence artificielle.
TSMC fabrique notamment les puces IA conçues par l’américain Nvidia.
Restrictions d'exportations vers la Chine Petit pays de 23 millions d'habitants, Taïwan se retrouve donc au cœur de la bataille technologique entre les Etats-Unis et la Chine, centrée autour de l'IA.
Sous la menace d'une invasion par la Chine (qui considère l'île comme l'une de ses provinces), Taïwan a choisi son camp.
Dans la gare TGV de Hsinchu, une immense pancarte célèbre l’ouverture d’une ligne aérienne entre Taipei et Phoenix en Arizona, où six usines TSMC sont en construction.
Le gouvernement taïwanais s’efforce aussi de s’aligner sur les réglementations de Washington - qui craint les applications militaires de l'IA - en restreignant l’exportation de produits stratégiques vers de grandes entreprises de la tech chinoise comme Huawei.
TSMC s’est ainsi engagé à couper tout lien avec le géant basé à Shenzhen.
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