Cette mine d’or était l’une des plus grosses des Pays de la Loire : l’État veut de nouveau l’exploiter
La mine de Rouez-en-Champagne, dont deux tonnes d’or et sept d’argent ont été extraits entre 1989 et 1992, pourrait-elle être de nouveau exploitée ? On en est encore loin , tempère Ludovic Robidas, le maire de la commune située à l’ouest de la Sarthe, joint fin juillet 2026. Pourtant, l’État lorgne bien le site de 800 hectares. Pour s’approvisionner en métaux bien plus précieux à l’heure actuelle.
La concession de Chantepie a été identifiée parmi les plus gros amas sulfurés polymétalliques d’Europe , indique la préfecture, dans un document daté de septembre 2025. Elle contient des métaux, notamment du cuivre et du zinc, figurant parmi la liste des matières premières évaluées comme critiques pour l’Union européenne . Dans le contexte actuel de conflits internationaux, il en va de la souveraineté de la France , appuie le maire de Rouez.
Or, le site est à l’arrêt depuis plus de vingt ans. Aucuns travaux d’exploration ou d’exploitation n’ont été menés depuis la levée de la police des mines en date du 22 octobre 2002, détaille la Préfecture. Total, propriétaire de la concession jusqu’en 2038 après un rachat de la Société nationale Elf-Aquitaine, n’en a pas les compétences , assure Ludovic Robidas.
Sollicité par la préfecture, le groupe a écarté la possibilité d’une reprise d’activité dans un courrier le 16 septembre 2024. Les services de l’État ont donc, en septembre 2025, mis en demeure Total de présenter, sous trois mois, une demande d’ouverture de travaux de recherche et/ou d’exploitation de mines. Au risque de se voir retirer son titre minier.
Si cela devait arriver, il faudrait relancer un appel d’offres. La réexploitation de la mine ne pourrait se faire que dans douze à quinze ans , avance Ludovic Robidas.
Un an plus tard, en ce mois de septembre 2026, et malgré de nombreuses sollicitations, la préfecture ne s’est pas exprimée sur la suite donnée à cette mise en demeure. Les projets de l’État sont-ils à l’arrêt à l’approche des présidentielles ?
De son côté, Total rappelle que tous les travaux de remise en état prescrits par les autorités ont été réalisés et que le site demeure sous surveillance environnementale conformément à la réglementation . Depuis 2020, une centrale photovoltaïque a par ailleurs été implantée sur une partie du site.
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