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Monde

Législatives en Russie: une campagne sous un quasi-silence pour un résultat joué d’avance

RFI ·
Législatives en Russie: une campagne sous un quasi-silence pour un résultat joué d’avance

Les Russes sont appelés aux urnes du 18 au 20 septembre pour renouveler les 450 députés de la Douma d’État, la chambre basse du parlement. Mais la campagne est quasiment absente des médias contrôlés par le pouvoir. Face à une population inquiète après plus de quatre ans de guerre en Ukraine, le Kremlin cherche moins à mobiliser qu’à organiser un scrutin sans débat ni contestation.

Presque aucun débat et une couverture minimale à la télévision : à l’approche des élections législatives, la Russie ne semble guère en campagne. Cette discrétion n’a pourtant rien d’un oubli. « Le Kremlin a mené une sorte d’opération spéciale autour de cette campagne électorale, en donnant pour consigne aux médias sous son contrôle de réduire fortement leur couverture des élections », estime le politologue russe et chercheur au New Eurasian Strategies Centre, Alexander Morozov.

Le pouvoir chercherait à ne pas agiter davantage une société déjà inquiète. « La guerre dure depuis longtemps et la population ressent une très grande incertitude face à l’avenir », poursuit-il. Un responsable de l’administration présidentielle aurait ainsi demandé que la campagne ait un caractère « thérapeutique », autrement dit apaisant, explique le chercheur à RFI. Une stratégie qui explique la faible couverture accordée aux législatives.

Cette volonté d’éviter toute agitation se retrouve dans les limites imposées aux candidats. « Ils n’ont pas le droit de critiquer les opérations militaires, le déroulement de la guerre ou le Kremlin », explique le politologue Nikolaï Petrov, également du New Eurasian Strategies Centre. « Ils peuvent seulement dénoncer certains manquements des autorités, leur reprocher de ne pas exécuter assez rapidement les ordres de Vladimir Poutine ou évoquer des problèmes locaux . »

Une campagne plus visible risquerait de faire émerger des sujets que le pouvoir préfère éviter : les pertes humaines en Ukraine , le coût économique du conflit, la crainte d’une nouvelle mobilisation ou l’absence de perspectives pour l’après-guerre.

Selon le média russe indépendant Verstka , au moins 36 adversaires de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine , ont été disqualifiés ou contraints de se retirer des élections nationales ou régionales. Les motifs vont de l’affichage de symboles qualifiés d’« extrémistes » aux atteintes aux droits d’auteur.

Une candidate de Iabloko, petit parti libéral critique du Kremlin, a été exclue pour avoir utilisé une chanson sans licence. Un autre candidat a été inquiété pour une photo du chanteur de Motörhead : la croix qu’il portait a été assimilée à un symbole nazi. D’autres candidats ont été sanctionnés pour avoir montré les logos de Facebook ou d’Instagram, dont la maison mère, Meta, est classée « extrémiste » en Russie.

Dans 17 cas, les poursuites étaient liées à une photo d’Alexeï Navalny – le principal opposant à Vladimir Poutine, mort en prison en 2024 – ou à une référence à ses organisations interdites. Nikolai Petrov pointe également des décisions judiciaires prises en quelques jours, à une vitesse inhabituelle pour les tribunaux en Russie : « Personne ne cherche même à donner l’apparence d’une véritable procédure judiciaire.

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