À Strasbourg, les drones de livraison aux détenus font peser un risque "vital" sur les patients du CHU en raison de la suspension des atterrissages d'hélicoptères
La suspension des atterrissages d'hélicoptères d'urgence au CHU de Strasbourg , en raison de vols de drones utilisés pour livrer des détenus , fait peser un risque "vital" sur les patients, a averti mercredi 19 août un haut responsable de l'hôpital.
Depuis environ trois semaines, les hélicoptères de la Sécurité civile et du Samu ne se posent plus de nuit au grand hôpital de Hautepierre, par crainte de collision avec des drones destinés à la maison d'arrêt de l'Elsau, distante d'un peu plus de 4 kilomètres, a indiqué lundi la préfecture du Bas-Rhin.
Les hélicoptères d'urgence doivent se rabattre sur l'hélistation du Nouvel hôpital civil, situé en centre-ville, ce qui entraîne un délai de 30 à 40 minutes dans l'acheminement des patients, ont indiqué des responsables du CHU lors d'une visite de l'établissement. "Dans les situations hémorragiques (...) 30 minutes peuvent changer les choses", a déclaré le professeur Julien Pottecher, chef du pôle anesthésie/réanimation à l'hôpital de Hautepierre.
[INÉDIT] Portables, armes, stupéfiants… Les prisons face aux livraisons par drone 16:18 Chaque année, entre 320 et 330 patients sont acheminés par hélicoptère à Hautepierre depuis l'ensemble de la région Grand Est, voire depuis l'Allemagne ou le Luxembourg, dont une quarantaine de nuit.
Depuis l'arrêt des vols de nuit, deux patients ont dû être amenés à Hautepierre en ambulance après atterrissage à l'hôpital civil, "fort heureusement" sans conséquences graves pour leur santé, a-t-il ajouté.
Depuis avril, 19 drones ont été signalés de nuit au-dessus de l'hélistation de l'hôpital, entraînant des dépôts de plaintes de l'établissement, a déclaré le responsable de la sécurité des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Jérôme Coulon.
Une nouvelle réunion est prévue cette semaine en préfecture, a-t-il indiqué. "Les solutions, il faut qu'on les ait rapidement et on les aura rapidement". Comme ailleurs en France, des détenus à Strasbourg se font livrer drogue ou téléphone portable de nuit par drone. Deux jeunes majeurs ont été condamnés mardi pour avoir participé à une livraison depuis une rue située entre l'hôpital et la prison.
Dans un communiqué, l'administration pénitentiaire indique mercredi que plus de 70 établissements sur 186 que compte l'Hexagone sont équipés de dispositifs électroniques antidrones, dont la prison de l'Elsau depuis juillet 2025 pour un coût de 350.000 euros. En 2025, près de 5.000 tentatives de survol par drone ont été recensées dans tout le pays, ajoute l'administration pénitentiaire.
"Dans le cadre du plan 'Zéro portable en prison ', lancé en novembre 2025 par (le ministre de la Justice) Gérald Darmanin, 1,05 million d'euros ont été immédiatement mobilisés pour renforcer les moyens de lutte contre les drones", selon le communiqué.
Mais la législation interdit aux surveillants d'utiliser cet équipement électronique "à 100% de ses capacités", par exemple en forçant l'appareil à atterrir en un lieu précis, ce qui permettrait de le récupérer, explique Ghislain Karleskind, délégué syndical SPS de l'établissement.
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