"C'est lui qui concentre le plus de détestation" : Frédéric Dabi, le sondeur qui horripile LFI
"Alors Frédéric, on ne vous voit jamais à nos dîners de famille !".
Ce jour-là, début 2021, Emmanuel Macron , sourire en coin, s'amuse d'une rumeur répandue sur les réseaux sociaux.
Frédéric Dabi, le directeur général de l'Ifop, aurait un lien de parenté avec le chef d'Etat.
Pure invention bien sûr, révélatrice toutefois d'un des grands fantasmes qui entourent la profession de sondeur : celui d'une consanguinité secrète avec le pouvoir.
Le médiatique dirigeant de 57 ans, devenu un visage connu des Français à force de courir les plateaux télé pour présenter ses baromètres et ses "photographies de l'opinion à un instant T", comme il est devenu de coutume de préciser, n'échappe pas aux soupçons, tout au contraire.
"De tous, c'est lui qui concentre le plus de détestation, notamment venant des troupes insoumises", observe le patron d'un institut de sondage concurrent.
Une hostilité qui le pique suffisamment au vif pour qu’il réplique ; celui qui s'apprête à commenter dans les médias, et pendant toute la campagne présidentielle, les études de l'Ifop, se fend fréquemment de SMS aigre-doux.
LFI organise une table ronde intitulée "Sondages et médias : comment manipuler l’opinion ?", sans convier le moindre sondeur ? "Drôle de conception de la démocratie", assène-t-il au député Antoine Léaument, au milieu de quelques formules assassines que L'Express a pu consulter, comme l'expression "être suprême" accolée à Jean-Luc Mélenchon.
Un goût du bon mot, contracté auprès d’un instituteur de CM2, qu’il décline à l’envi : un autre député insoumis est rebaptisé "Paul-Pot" (sic) Vannier, Antoine Léaument est lui qualifié de "beriesque" – référence à Beria, l’un des plus redoutables exécutants de Staline.
Un de ses proches relève : "Il ne supporte pas de voir le travail de l'Ifop attaqué, c'est plus fort que lui, il se sent obligé de défendre sa maison", comme lorsque l'institut a publié l'étude décriée sur les musulmans de France en novembre 2025.
Un métier qui charrie de nombreux fantasmes C'est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui a ouvert les hostilités voilà plusieurs années.
En septembre 2025, le patron des insoumis prend directement à partie le sondeur sur X.
"L’échantillon n’est pas crédible et ça se voit, monsieur Dabi" ou encore, "Monsieur Dabi, vous exagérez la magouille".
Quelques mois plus tôt, au printemps, Antoine Léaument l'avait convoqué à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la commission d'enquête "concernant l'organisation des élections en France", dont il était le rapporteur.
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